Merci beaucoup de me donner l'occasion d'ultimes remarques. par Scrutator Sapientiæ 2012-07-16 21:45:17 |
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Bonsoir et merci à Ion,
1. J'aurais certainement tort d'avoir une attitude exclusivement incriminatrice, vis-à-vis du Magistère contemporain de l'Eglise catholique, sur la question de la présence des "semences du Verbe" dans les religions non chrétiennes, en tant que telles, et si j'ai donné l'impression d'avoir cette attitude, je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
2. J'ai néanmoins le droit, en tous cas, je l'espère, d'être dubitatif,
- non seulement sur la signification d'une partie du fondement patristique de cette composante du Magistère,
- mais aussi sur l'utilisation, que je crois fréquemment unilatérale, qui en est faite, au sein et à la tête de l'Eglise,
- et surtout sur les conséquences de cette utilisation,
tout en m'efforçant de respecter, notamment, la doctrine et la personne de Jean-Paul II.
3. En ce qui concerne les conséquences de cette utilisation, si celle-ci peut contribuer à une coexistence pacifique entre les croyants des différentes religions, sans mise en place d'une confédération interreligieuse, ni consolidation de l'indifférentisme, je ne m'en lamenterai pas, bien que, là aussi, j'ai quelques doutes.
4. Mais je ne doute pas un seul instant du fait que les auteurs de certaines manifestations de créativité épiscopales ou théologiques, en matière de dialogue ou de pluralisme interreligieux, ainsi que certains croyants non chrétiens eux-mêmes, se sentent confortés dans leurs démarches respectives, au contact de cette composante du Magistère, quand elle est présentée d'une manière asymétrique, ou, à tout le moins, compte tenu de la lecture qu'ils en font ou qui leur en est faite.
5. Je crois que vous avez bien résumé une partie de ma position en écrivant : "Vous introduisez maintenant la notion d'acception de cette notion, et tout en reconnaissant implicitement que cette acception était peut-être annoncée par les Pères, vous semblez déplorer (?) que l'autorité magistérielle sur cette acception soit récente. Ai-je bien résumé votre pensée ?", et je tiens à vous en remercier ; je suis tenté d'ajouter que c'est non seulement l'autorité, mais aussi l'insistance du Magistère, sur cette question, qui (me) pose un problème, mais je me trompe sûrement.
6. Vous évoquez par ailleurs "le magistère vivant de l'Eglise et le développement / enrichissement continu de son enseignement". A ce niveau, mon doute porte sur le caractère homogène de ce développement / enrichissement, par rapport au Magistère antérieur ; tout de même, tous ces textes récents, qui ne comportent quasiment pas UNE référence au Magistère antérieur au Concile, ont quelque chose de "singulier".
7. Je me permets par ailleurs la remarque suivante : ce n'est pas parce que l'on recourt à une notion, quitte à la mettre en doute, que l'on y souscrit pour autant, même si, en argumentant, on l'utilise : je ne vais quand même pas écrire "les prétendues semences du Verbe", ni "les supposées semences du Verbe", ni les "semences" du "Verbe", ni les " "semences du Verbe" ", en lieu et place des "semences du Verbe".
8. Il y a tout de même un petit quelque chose qui me chiffonne, mais je ne serai pas l'Inspecteur Colombo du FC :
- les religions ou traditions non chrétiennes ne sont pas seulement plus ou moins différentes de la religion chrétienne, car elles sont aussi plus ou moins contraires, opposées, ou, en tout cas, divergentes, par rapport à la religion chrétienne ;
- par ailleurs, ces mêmes religions ou traditions non chrétiennes sont contradictoires, les unes par rapport aux autres, avec, parfois, des contradictions endogènes, des oppositions intrinsèques, au sein même de certaines d'entre elles.
Et chacune d'entre elles comporterait (notamment, j'en conviens), des "semences du Verbe", qui seraient toutes issues d'une même origine divine, mais qui feraient bon ménage, ou en tout cas point trop mauvais ménage, avec de telles contradictions ou divergences ?
L'inspiration divine serait donc, comment dire, en situation intérieure de "consensus différencié", vis-à-vis d'elle-même ?
Et il y aurait, non seulement plusieurs personnes non chrétiennes, mais aussi plusieurs croyances ou "demeures", religieuses ou spirituelles, dans la maison du Père, à l'intérieur du Corps mystique du Christ ?
Mais alors, qu'en est-il de la nécessité de la conversion et de la formation, dans le cadre de l'entrée puis de la poursuite de la vie chrétienne ? Celle-ci ne serait-elle qu'une manière, parmi d'autres possibles, de connaître, d'aimer, et de servir Dieu ?
A bientôt, et merci encore pour votre message.
Scrutator.
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