Cher scrutator, on aurait tout de même envie de répondre à Maria voce... par le torrentiel 2011-07-24 09:57:43 |
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par une question.
Comment se fait-il que le monde se soit radicalisé depuis et malgré assise, peut-être du fait des résistances à "l'esprit d'assise", je veux bien en émettre l'hypothèse...
Mais enfin, les découvertes individuelles (qu'elle appelle des "surprises de l'esprit-saint") qu'il ne faut pas être altérophobe font peu de poids auprès du contexte de radicalisation civilisationnelle et interreligieuse qui a sévi dans le monde du fait du "cynisme", pour reprendre votre mot d'un message ultérieurement posté par vous et dont je vous remercie, dontont fait preuve des dirigeants politiques sans scrupule engageant les peuples dans des guerres pétrolifères conduisant tout droit au "choc des civilisations" et à la rancune, légitime en matière de politique extérieure de l'Occident, des musulmans contre nous que les plus radicaux d'entre eux appellent des "croisés", d'autant moins respectables que nos motifs ne sont que mercantiles.
Quant au cardinal tauren, malgré le caractère lénifiant de certains de ses propos, il résume en quatre adjectifs les quatre manières de possibles de pratiquer le dialogue interreligieux. Si je les reformule en les développant à ma façon, il s'agit:
-du dialogue de vie (il m'est souvent arrivé de bénéficier de la charité directe de musulmans habitant mon pays);
-du dialogue des oeuvres (par exemple, un catholique ou un musulman peuvent indifféremment apporter leur obole au "secours catholique" ou au "secours islamique" lorsqu'il s'agit d'oeuvrer contre la pauvreté en france ou d'endiguer les récentes inondations pakistanaises, voire de défendre la cause palestinienne: il serait contreproductif d'aider les seuls chrétiens d'Orient);
-le dialogue théologique (le cardinal ajoute: quand c'est possible); à nous, simples laïques, il n'est sans doute guère possible de risquer des formulations doctrinales; pourtant, je reste marqué pour longtemps par certaines nuits radiophoniques passées à écouter faire de l'exégèse ensemble, chacun en exposant sa manière de comprendre les textes sacrés qui ont servi de base commune, des juifs, des chrétiens et des musulmans ouverts à communiquer ce qu'ils découvraient sous ces textes;
-enfin, ce que le cardinal n'appelle pas "le dialogue spirituel", lui préférant l'expression de "dialogue des expériences religieuses". Il n'empêche que comprendre comment un musulman ou un chrétien ont une relation commune à la prière et même à la cantilation est d'un grand intérêt pour essayer de saisir ce que sont les invariants spirituels de l'"animal religieux" humain.
J'espère que mon résumé de ces quatre formes de dialogue ne heurtera pas votre souhait (que je partage) que l'Eglise catholique sache tenir un "discours non agressif, mais offensif et incisif" (...) pour la Gloire de Dieu et le salut du monde, non pour la gloire de l'homme et son bonheur dans le monde.
Mais je crois que tenir un discours qui sait être offensif n'empêche pas d'"avoir des oreilles pour entendre" et des yeux pour voir des réalités qui ne sont pas les nôtres, mais qui peuvent s'en rapprocher, au-delà du contexte géopolitique dans lequel elles sont vécues.
Lorsque vous vous promenez dans le vieux Jérusalem, c'est particulièrement instructif. Malgré la souveraineté (plus ou moins usurpée) de l'Etat d'Israël sur cette ville, le coeur religieux de cette ville est un quartier arabe où le coran est cantilé; vous entendez cette cantilation en vous rendant d'un édifice chrétien à l'autre; cette coexistence est plutôt pacifique quoiqu'entourée de soldats, plutôt destinés à protéger ceux qui se rendent au "mur des lamentations"; les palestiniens musulmans ont le respect des pèlerins chrétiens, pourvu qu'ils ne soient pas américains (propos tenu par l'un d'entre eux à ma belle-soeur).
Ce qui n'empêche pas que, quand vous logez chez les bénédictines du Mont des Oliviers, comme j'en ai eu l'insigne faveur, elles vous disent, à la fois que leurs rapports avec les palestiniens sont excellents dans l'ensemble, mais qu'il n'en va pas de même avec leurs enfants, qui perpètrent souvent des actes de délinquance dans leur jardin, raison pour laquelle elles ont dû s'équiper de quatre chiens à l'air féroce qu'elles détachent la nuit.
Bref, ni "bisounoursisme", pour reprendre un mot en vogue ici et ailleurs, ni fermeture aux contacts que peuvent nous faire nouer la charité et la prière, aspiration vers dieu, que Celui-ci soit le même ou non, question disputée dans laquelle je n'entrerai pas.
Cordialement
le Torrentiel
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