En revanche, un jugement doctrinal exige également de prendre en compte son contexte, sa nature ainsi que les précisions et interprétations apportées ultérieurement.
Le contexte, précisément, est celui d'une hiérarchie qui multiplie les initiatives néfastes en matière de dialogue inter-religieux depuis des décennies.
On sait le mal fait par des scandales qui se multiplient : Assise, les visites de synagogues, le baiser au Coran etc.
Nous ne sommes certes pas là dans un enseignement magistériel, mais au vu de l'écho de ces initiatives, nous sommes dans un enseignement factuel donné par l'exemple.
Si le Pape baise publiquement le Coran et qu'un de ses successeurs dit publiquement que toutes les religions sont voulues par Dieu, peu importe qu'il s'agisse d'actes magistériels ou pas, allais-je dire, le mal est fait et la foi est relativisée, ruinée, et le chemin largement ouvert au relativisme et à l'apostasie.
Seul compte le mal fait aux âmes, et il est en l'occurrence immense.
Ce non-enseignement tue plus facilement la foi que cent prêches d'hérétiques.
Il n'est pas excessif de dire que, par ce genre d'initiatives, l'autorité de l'Eglise elle-même, sans être formellement hérétique, favorise l'hérésie.
1. Il ne s'agit pas d'un enseignement magistériel proprement dit, mais d'une déclaration commune signée dans un contexte de dialogue interreligieux. La qualification théologique d'un tel document n'est donc pas celle d'un acte du magistère ordinaire authentique.
Compte tenu de la manière dont les gens reçoivent aujourd'hui les informations, dans une société de l'image, du commentaire et de l'immédiateté, François aurait du peser le fait que ses paroles allaient être relayées dans le monde entier par des journalistes complètement incultes, incapables par définition d'avoir le plus petit recul théologique, et que les gens allaient les entendre comme elles ont été entendues.
Sa responsabilité, comme pape, comme pasteur des âmes, est immense. Je pense pour ma part que cet homme très intelligent l'a fait à dessein.
2. Le pape François a ensuite précisé à Mgr Schneider que la volonté divine concernant la pluralité des religions devait être comprise comme une volonté permissive et non comme une volonté positive. Cette précision montre précisément qu'il n'entendait pas attribuer à Dieu une volonté positive de la diversité des religions au même titre que la diversité des sexes ou des peuples.
Croyez ce que vous voulez, cher Réginald.
Je suis pour ma part convaincu que Papa Bergoglio a dit ce qu'il pensait fondamentalement dans la déclaration d'Abou Dhabi et que son entourage a préparé de quoi se rattraper aux branches ensuite.
Voilà ou mène le soi-disant dialogue inter-religieux, qui, tel qu'il est pratiqué depuis l'après-Concile, contribue à démolir la foi dans les âmes.
Ce n'est pas formellement hérétique si vous voulez, mais cela commande de suivre ses promoteurs avec une prudente circonspection.
Pour rester mesuré...