Réponse détaillée et sans ironie par Ludwik 2026-06-29 11:27:29 |
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En fait, je ne vois pas le rapport direct entre vos questions et ce problème d'apostolicité, qui détermine la catholicité des évêques, non en termes de foi et d'action, mais en tant qu'évêques, c'est-à-dire comme membres du corps épiscopal.
Je ne vais pas citer de nouveau ce qu'en disait Mgr Tissier, mais sa phrase est on ne peut plus claire, et on ne peut le soupçonner d'avoir été opposé aux sacres (de 1988 !) :
« Votre sacre, Monseigneur, n'a donc pas créé de schisme ?
— Non, et en aucune manière. Mais une question plus délicate était agitée dès 1983, quand Monseigneur Lefebvre, face au nouveau droit canon publié par Jean-Paul II, commença à envisager sérieusement de sacrer un ou plusieurs évêques : ces évêques, non reconnus par le pape, seraient-ils légitimes ? Jouiraient-ils de la “succession apostolique formelle” ? Seraient-ils, en un mot, des évêques catholiques ?
— Et cela, dites-vous, c'est une question plus délicate ?
— Oui, parce qu'elle touche aussi la divine constitution de l'Église, telle que toute la Tradition l'enseigne : il ne peut y avoir d'évêque légitime sans le pape, sans l'accord au moins implicite du pape, chef de droit divin du corps épiscopal. Alors la réponse est moins évidente, et même elle n'est pas du tout évidente... à moins de supposer..."
Encore une fois, avoir la foi catholique et être réellement évêque ne suffit pas à être évêque catholique.
J'ai déjà donné deux exemples on ne peut plus clairs, me semble-t-il :
* le cas d'un évêque orthodoxe devenu catholique : il est véritablement évêque et véritablement catholique, mais il n'est pas pour autant évêque catholique si le successeur de Pierre ne l'intègre pas au corps épiscopal. Ainsi, il sert depuis vingt ans dans l'Église catholique comme simple prêtre ;
* le cas des sacres de 1977 par Sa Béatitude Joseph Slipyj. Les évêques n'exerceront aucune fonction épiscopale jusqu'à ce que Rome les intègre au corps épiscopal. Pourtant, ils étaient véritablement évêques (ayant reçu la plénitude du sacrement de l'ordre) et professaient la foi catholique.
Pour le reste, la crise est affreuse. Le bon grain et l'ivraie sont plus que jamais mêlés dans l'Église, et en particulier à Rome.
Mais cela ne change pas les choses, car, comme le disait Mgr Tissier, cela touche à la constitution divine de l'Église telle que toute la Tradition nous l'enseigne.
Ainsi, pour prendre un parallèle, si la survie du monde dépendait de la rupture du secret de la confession, cela ne rendrait pas pour autant cette action bonne.
Enfin, la crise de l'Église est, pour une part, un mystère, et je pense que l'essentiel est de faire son devoir, y compris sur le plan moral.
J'ajoute que de cette action (le sacre des évêques), il est possible que beaucoup de bien en découle ; cela ne change cependant pas la moralité de l'acte.
Et puis, de toute façon, la FSSPX travaille pour l'Église, ne serait-ce qu'en formant correctement des prêtres, dont plus d'un tiers rejoignent ou rejoindront ensuite la « grande » Église au cours de leur vie sacerdotale. Ca c'est pour l'ironie de l'histoire !
Mais aussi avec leurs nombreuses écoles, et toutes leurs oeuvres.
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