La continuité ne peut être à sens unique par Réginald 2026-06-28 16:33:29 |
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Votre réponse déplace habilement le débat.
Je vous rejoins néanmoins sur un point : il peut exister des déséquilibres dans les références magistérielles.
En revanche, je ne pense pas que la symétrie soit aussi parfaite que vous le dites. Le concile Vatican II cite constamment le magistère antérieur, en particulier Pie XII, mais aussi Léon XIII, Pie XI et saint Pie X. De même, le CEC s'enracine explicitement dans toute la Tradition et cite abondamment les papes antérieurs au Concile. Il renvoie par exemple à Quas primas lorsqu'il rappelle que « le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l'homme individuellement et socialement ». (n° 2105)
Vous prenez par ailleurs deux textes parmi les plus discutés du pontificat de François. Ils ont suscité de nombreuses demandes de clarification, ce qui montre qu'ils ne constituent sans doute pas les meilleurs exemples pour établir une règle générale. Cela ne change toutefois pas le principe : le magistère récent ne s'est jamais présenté comme rompant avec celui qui l'a précédé. Il revendique au contraire une lecture dans la continuité.
A mes yeux, c'est bien cette herméneutique de la réforme dans la continuité qu'il faut appliquer dans les deux sens. Il est normal de citer Léon XIII ou Pie XII, mais il est tout aussi normal de citer Paul VI, Jean-Paul II ou Benoît XVI lorsqu'ils réaffirment la même doctrine.
Cela vaut particulièrement pour Veritatis splendor, qui constitue une vigoureuse mise au point sur les fondements de la morale catholique. Cette encyclique réaffirme l'enseignement traditionnel sur la loi naturelle, les actes intrinsèquement mauvais et la conscience, tout en répondant à des courants théologiques et philosophiques qui s'étaient développés après le Concile et auxquels le magistère antérieur n'avait pas eu à répondre sous cette forme.
Comme je l'écrivais ic même il y a quelques jours : « Au fond, quel horizon concret est envisagé ? Qu'un futur pape déclare nul et non avenu un concile œcuménique reçu par l'Église universelle depuis plus d'un demi-siècle ? Qu'il retire à la réforme liturgique toute légitimité ? Une telle perspective me paraît difficilement conciliable avec la manière dont l'Église comprend sa propre continuité historique. Historiquement, l'Église procède davantage par clarification, rééquilibrage et développement organique que par condamnation rétrospective de sa propre pratique universelle. »
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