Sur les « adoucissements » par Signo 2025-11-14 21:13:47 |
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L’appellation « rédemptrice » est une erreur théologique grave. J’espère que nous sommes tous d’accord là-dessus.
On nous explique que l’appellation de « corédemptrice » serait venir adoucir la première expression. Mais c’est précisément ça le problème. Parce que l’adoucissement d’une erreur formelle, c’est toujours une erreur (peut-être pas pour le raisonnement théologique lorsqu’il est intégralement développé, mais au moins la littéralité du titre et ce que l’on en comprend spontanément).
Cela me fait penser aux débats sur l’infaillibilité pontificale lors de Vatican I. On nous dit souvent que la formulation du dogme retenu était en retrait par rapport à la thèse maximaliste.
Mais dans les deux cas, le problème est quand le magistère cherche, non pas à exprimer au mieux la vérité théologique objective sur une question donnée, mais cède à la tendance théologique du moment en allant aussi loin qu’il est possible d’aller dans le sens à la mode, jusqu’aux frontières de l’orthodoxie doctrinale. Car ce faisant, on déplace le point moyen de la formulation doctrinale d’une position équilibrée vers une sorte de point intermédiaire entre une affirmation exagérée, donc potentiellement hétérodoxe, et la pleine orthodoxie. On introduit ainsi dans le magistère des formulations qui, généralement comprises dans le sens d’une théologie déséquilibrée, viennent accroître la confusion plutôt qu’apporter la clarté.
C’est pour cela que si j’adhère au dogme de l’infaillibilité, je considère (et je pense ne pas être le seul), que la proclamation de ce dogme était inopportune.
Mais cela vaut aussi pour quantité de formulations doctrinales ambiguës contenues dans les textes de Vatican II, et dans le magistère post-conciliaire. Même si, avec de longues et complexes explications, elles ne sont pas clairement hétérodoxes, elles sont bien pour la plupart inopportunes. Tout comme le titre de Co-rédemptrice.
En dépit de ses outrances regrettables, la FSSPX a relevé au moins un élément intéressant : certains passages de la Note doctrinale vont pouvoir être cités pour dénoncer l’ambiguïté de certains passages du magistère post-conciliaire. En particulier, lorsque la DDF écrit:
« il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12). Lorsqu’une expression nécessite des explications nombreuses et constantes, afin d’éviter qu’elle ne s’écarte d’un sens correct, elle ne rend pas service à la foi du Peuple de Dieu et devient gènante."
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