Doucement, Messieurs les "dévôts critiques" par Abbé Claude Barthe 2025-11-14 15:57:28 |
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L'interdiction de 1913 portait non sur le titre de Virgo Sacerdos, mais sur les représentations de Marie revêtue d’ornements sacerdotaux (dévotion d'une congrégation de religieuses, qui avait d'ailleurs déjà abandonné l'image lors du décret), analogiquement comme en 1628, le pape Urbain VIII avait interdit de représenter le Saint-Esprit sous une forme humaine.
les développements sur la "prêtrise" mariale sont très anciens, mais à l'époque moderne, ils jouxtent ceux sur l’Immaculée Conception. Ippolito Marracci (+ en 1675), grand défenseur de l'IC : "Marie possède la dignité, la tâche et la fonction du sacerdoce du Nouveau Testament. À la Purification, Marie offre son Fils à Dieu avec des mains sacerdotales. Avec des mains de prêtre, elle offre son Fils à Dieu et, à travers ce sacrifice, elle a été elle-même faite prêtre spirituel ."
C'est en ce sens que l’École française de spiritualité se servait de l’analogie prêtre/Marie pour mener sa bataille pour la réforme du clergé : elle soulignait l’éminence mystique du sacerdoce et encourageait le clergé à la sainteté de sa vie. Jean-Jacques Olier est celui qui a le mieux précisé la portée de ce titre. Marie, en sa plénitude de grâce et par sa Maternité divine, a l’esprit du sacerdoce, ayant participé à l’offrande et à l’immolation que son Fils fait de lui-même, mais elle n’a pas le caractère sacerdotal, c’est-à-dire l’impression que reçoit dans son âme le prêtre lors de son ordination qui le députe à l’offrande et à l’immolation sacramentelle du Christ, lors de la messe qui reproduit celle de la Croix. Le formel du sacerdoce de Marie est dans le fait qu’au pied de la Croix, mais déjà implicitement depuis l’Annonciation, "elle coopère de quelque manière à l’acte principal du sacerdoce de Jésus-Christ, en donnant, comme l’exigeait le plan divin, son consentement au sacrifice de la croix, tel qu’il a été accompli par Jésus-Christ" (Edmond Dublanchy, Dictionnaire de Théologie catholique, article Marie). C’est bien plus qu’une coopération infiniment plus élevée que celle de chaque chrétien qui "complète en [sa] chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Église" (Col 1, 24). C’est une coopération spécifique, d’un autre ordre, celle de Marie, qui tout en restant simple créature, touche en quelque manière à l’union de la divinité et de l’humanité en son Fils, et qui est légitimement dite Mère de Dieu. Mère du Médiateur, Mère du Rédempteur, Mère du Souverain Prêtre, vrai Dieu et vrai homme, elle coopère de manière subordonnée à son sacerdoce.
Amen
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