Virgo Sacerdos : de la métaphore à l’ambiguïté doctrinale par Réginald 2025-11-14 19:15:01 |
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Cher Monsieur l’abbé,
Merci pour ces éléments historiques. Permettez-moi néanmoins de rappeler calmement ce que vous ne mentionnez pas : la question n’a jamais été l’existence d’une tradition spirituelle, mais les dérives mariologiques que certains courants — hier comme aujourd’hui — ont accolées à ces titres.
Le Saint-Office n’est pas intervenu en 1913 et en 1927 seulement pour interdire des images. Il est intervenu pour empêcher les glissements doctrinaux que l’on commençait déjà à percevoir. Dès mars 1916, une réponse du Saint-Office — liée aux interventions précédentes — avait d’ailleurs entraîné le blocage de toute forme de propagation de cette dévotion : le titre allait, de fait, disparaître des publications, des prières et des livres spirituels pendant de nombreuses années.
Puis, en 1927 — à la suite d’un article du chanoine Silvio Fasso dans Palestra del Clero (Rovigo) — le cardinal Merry del Val, écrivant comme secrétaire de la Suprême, confirma que cette dévotion ne pouvait pas être propagée, même sans condamnation formelle. Et il ajoutait cette phrase significative :
« C’est répondre aux intentions du Saint-Office que de laisser dormir entièrement cette question, que les âmes peu éclairées pouvaient ne pas comprendre exactement. »
On ne peut pas être plus clair : le problème n’était pas la dévotion, mais le danger de confusion doctrinale.
Or qu’observe-t-on aujourd’hui ? Exactement ce que le Saint-Office avait anticipé. Des mouvements féministes exploitent désormais le titre de Virgo Sacerdos pour revendiquer l’ordination sacerdotale des femmes. Le site Womenpriests cite — sans le moindre scrupule — les mêmes textes de l’école française que vous rappelez. C’est tout de même révélateur...
Voilà le point : une intuition mystique, magnifique mais métaphorique, devient, lorsqu’on en fait un titre théologique, le support d’équivoques graves.
C’est pourquoi le Dicastère pour la Doctrine de la Foi ne fait, aujourd’hui, que reprendre la prudence constante de l’Église. Il rappelle que la Très Sainte Vierge est « la première et la plus grande collaboratrice dans l’œuvre de la Rédemption et de la grâce » — ce que personne ne conteste — mais il précise aussi :
Ce titre risque d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne.
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