le regard de Nemo ou Peregrinus de 2025 n'est pas celui par Luc Perrin 2025-07-29 11:53:00 |
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des contemporains.
Et en histoire, ce qui compte pour 1840-1875 ce n'est ni l'analyse de Nemo 2025 ni celle de Peregrinus 2025 - quand bien même elles sont pertinentes au plan de l'analyse du missel parisien (il y en a d'autres mais j'ai pris l'ex. que j'avais sous la main) - mais, ne vous en déplaise l'avis des contemporains de 1840-1875.
Eux en 1840-1875 n'ont pas eu votre perception. Eux considéraient leurs missels latins, certes très proches du missel de saint Pie V, comme distincts.
Oui Peregrinus, évidemment, la querelle autour d'une absolue uniformisation autour du seul missel romain (Saint Pie V) s'est doublé d'autres considérations : Boudon le rappelle, je l'ai dit sans développer puisque ce n'était pas l'objet de ce sous-fil.
Pie IX en particulier a fait de l'abandon des missels latins particuliers dans l'Église latine un test d'adhésion à l'ultramontanisme, à l'infaillibilité pontificale, à un effacement des différentes formes liées à l'histoire quant à une plus ou moins large autonomie des Églises locales (gallicanisme, néo-gallicanisme, fébronianisme), quant à la théologie de l'évêque à laquelle mgr Sibour était attaché et à laquelle il reste attaché même après 1854. Boudon donne une lettre du prélat où il explique sa capitulation au plan pragmatique.
Dom Guéranger était impliqué dans ce mouvement de "politique ecclésiale" si je puis dire. En effet il a été mennaisien (1ère manière), grand lecteur de Gerbet.
On peut trouver un parallèle au guérangérisme, volonté d'uniformisation extrême sur le papier, dans Tradidionis custodes et la vision du cardinal Roche (diverses allocutions). Il y a aussi un héritage du guérangérisme dans l'attitude des évêques wojtyliens pendant le pontificat de Jean Paul II qui, contre toute référence ecclésiologique sérieuse et Vatican II, prétendaient être prêts à accorder l'application du régime de 1984-1988 quand le pape célèbrerait selon le missel romain de 1962.
Le parallèle s'arrête au fait que le N.O.M. ouvre une multitude de possibilités qui n'existaient pas dans le rit romain traditionnel. Il s'arrête aussi au fait avéré que le refus du missel romain traditionnel est bien idéologique comme l'évêque de Charlotte (Caroline du Sud) l'a amplement démontré par sa lettre officieuse rejetant moult gestes liturgiques licites au sein du N.O.M. et l'usage du latin.
Il y a toujours une part de "politique ecclésiale" dans les querelles liturgiques, ce n'est pas contrairement à ce qu'on prétend réservé à notre époque ni au N.O.M./V.O.M.
Cette incursion dans un passé pour le coup français pas si lointain permet de le vérifier.
nb. On a rappelé il n'y a pas longtemps l'existence du schisme des Vieux-Croyants au sein de l'Église orthodoxe russe qui portait sur des points infimes dont la manière de se signer ... et pourtant le schisme dure encore plusieurs siècles après (1666-1667). Ce qui est à nos yeux un minuscule détail ne l'est pas nécessairement pour tous et mon appréciation des réformes liturgiques orthodoxes russes, en tant que Luc Perrin en 2025, est sans importance pour les Vieux-Croyants qui le vivent autrement.
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