j'aurais dû indiquer et je fais amende honorable par Luc Perrin 2024-08-17 12:22:41 |
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par défaut de pédagogie, que le serment requis est la condition sine qua non pour être candidat aux postes de curé/évêque/évêque métropolitain de l'Église constitutionnelle. C'était aussi la condition pour percevoir le traitement octroyé aux clercs dans le cadre de la Constitution civile du Clergé.
Comme pour nos élections modernes, on ne se présente pas au débotté, il faut un dépôt de candidature.
Oui certains ont attendu la limite du 4 janvier 1791 mais le problème du serment est antérieur comme l'indique le texte-même du décret du 27 novembre 1790 qu'il ne faut pas lire "en diagonale" :
« ART. 1er. — Les évêques et ci-devant archevêques, et les curés
conservés en fonctions, seront tenus s'ils ne l'ont pas fait, de prêter le serment auquel ils sont assujettis par l'article 39 du décret du 24 juillet dernier, et réglé par les articles 21 et 38 de celui du 12 du même mois, concernant la Constitution civile du clergé. En conséquence, ils jureront, en vertu de ce dernier décret, de veiller avec soin sur les fidèles du diocèse ou de la paroisse qui leur est confiée, d'être fidèles à la nation, à la loi et au Roi, et de maintenir de tout leur pouvoir la constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi; savoir : ceux qui sont actuellement dans leur diocèse ou leur cure, dans la huitaine ; ceux qui en sont absens, mais qui sont en France, dans un mois; et ceux qui sont en pays étrangers, dans deux mois; le tout à compter de la publication du présent décret ».
"S'ils ne l'ont pas fait" et on renvoie aux textes de juillet ... 1790. Le décret de novembre n'est pas créateur du serment, il est une mesure qui vise à en imposer rapidement la prestation car ce serment fait débat. Les nombreux témoignages et documents de 1790 traduisent cette ébullition : le débat autour du serment à prêter "crise du serment" n'attend pas 1791, n'éclate pas dans un ciel serein et apaisé subitement le 4 janvier 1791.
Parler de crise du serment en la limitant strictement à 1791 donne une fausse idée à mon sens : tout va bien avant et patatras arrive ce fâcheux 4 janvier 1791.
Pour le reste, je souscris entièrement à ce qu'écrivent Pérégrinus et Roger pour le déroulement en 1791 et jusqu'en 1795 au moins puisque des serments nouveaux surgissent ensuite et posent de nouveaux cas de conscience aux clercs. Sans compter pire encore la terrible pression pour abjurer le sacerdoce qui frappe les clercs jureurs en 1793 surtout ; une persécution reprend après le coup d'État de Fructidor an V (1797) qui est appelée "Terreur sèche" et amène beaucoup de victimes cléricales dans les bagnes atlantiques du Directoire.
En résumé "la crise du serment" démarre et fait rage dès 1790, les divisions du Clergé sont claires dès 1790 à tous les niveaux, et elle s'étend en 1791 et dans les années suivantes avec les autres serments.
Cette formulation devrait être claire et consensuelle et je remercie les contributeurs de ce sous-fil d'avoir permis d'affiner le propos et de corriger mon défaut partiel de pédagogie.
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