argumentation ex-ED par Cléopas 2022-01-05 12:04:26 |
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Merci d'avoir cité cette lettre de Dom Jehan à Mgr Oliveri. Permettez qu'on en cite quelques extraits car elle explicite une position ex-ED intéressante :
"Notre attachement au rite traditionnel est un mariage de foi et d’amour qui, à l’image de l’union conjugale, nous oblige à une fidélité exclusive. Il suppose et manifeste une théologie et une pastorale qui ne peuvent pas s’accorder avec une liturgie qui tourne le dos à Dieu pour le dialogue et « l’être ensemble »(...)
tout en voulant conserver l’union hiérarchique voulue par le Seigneur, elle refuse de se lier à un rite dans lequel, bien que valide et légal, elle ne reconnaît pas le témoignage authentique d’une foi sans équivoque. Le Cal Ratzinger en avait pleinement conscience lorsqu’il écrivait dans son autobiographie : « Je suis convaincu que la crise de l’Église que nous vivons aujourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie »(...)
Il est vrai que cette grave défaillance de la liturgie actuelle, même quand elle est célébrée avec la dignité requise, n’est pas toujours et facilement perceptible aux esprits théologiques car le langage de la liturgie n’est pas celui de la doctrine. Celle-ci manie les concepts, celle-là les signes. L’une s’adresse à l’intelligence, l’autre à tout l’être humain, corps et âme. La liturgie, disait Péguy, est de la théologie détendue. Si la liturgie est l’œuvre de la foi de nos Pères, elle en est par conséquent l’expression mais aussi la gardienne. Tout ce qui choque le sens liturgique traditionnel est pour le moins douteux (...)
La mentalité traditionnelle, tout en reconnaissant la validité et la légalité ecclésiale du N.O.M., ne retrouve pas en lui l’expression plénière de sa foi. Telle est la raison profonde de son éloignement vis-à-vis de lui et de son refus instinctif de l’utiliser. La concélébration, qui n’est ni une obligation juridique ni même une nécessité théologique, ne la choquerait pas en tant que telle. À notre époque, où l’on éprouve un besoin particulier de se sentir ensemble, elle exprime, il est vrai, un lien fraternel entre les prêtres qui est signe de communion ecclésiale. Ce qui rebute la mentalité traditionnelle, c’est davantage le rite que la concélébration elle-même. À cette dernière cependant, elle préfère de beaucoup la manière plus ancienne, avec diacre, sous-diacre, ministres inférieurs, qui manifeste une communion hiérarchique plus expressive d’une saine ecclésiologie qu’une communion égalitaire, influencée par la mentalité démocratique de la société" (...)
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