Définition de la gauche par Signo 2019-11-04 17:29:21 |
|
Imprimer |
Je dirais qu'il y en a plusieurs possibles, j'en retiendrais deux:
Sur les plan philosophique et idéologique, la gauche rassemble tous ceux qui sont favorables aux Lumières et à la Révolution Française, contre la Tradition et une société traditionnelle fondée sur la reconnaissance d'un Principe supérieur que toute la législation doit respecter. Il est évident que "cette gauche là" est difficilement compatible avec la foi catholique, mais aujourd'hui toutes les formations politiques, de l'extrême droite à l'extrême gauche, adhèrent aux valeurs de la Révolution, donc ce critère n'est plus pertinent à mon sens.
Il y a aussi une question culturelle. Un ouvrier de l'industrie, un enseignant du secondaire auront davantage une "culture" de gauche, tandis qu'un militaire, un gendarme, un agriculteur, un professeur de classe préparatoire auront davantage une "culture" de droite.
Je dirais qu'un homme de droite est quelqu'un pour qui les valeurs d'autorité, de hiérarchie, d'excellence, et d'ordre sont primordiales, tandis qu'un homme de gauche aura plutôt tendance à porter son attention sur la démocratisation de l'enseignement, l'égalité des chances, les questions sociales et la solidarité envers les plus démunis, la question de l'exploitation de l'homme par l'homme etc. Aucune de ces valeurs en soi n'est incompatible avec la foi catholique, bien au contraire. Ces "valeurs" de gauche ne sont même pas incompatibles avec une totale adhésion à l'enseignement de l'Eglise notamment sur les questions sociétales. Etre de gauche ne signifie pas automatiquement adhérer à l'idéologie du PS et des LGBT, et d'ailleurs je connais des gens de gauche très opposés à ces évolutions sociétales, ce en quoi ils sont parfaitement cohérents avec leurs convictions puisque derrière ces questions de société, se cachent souvent de sordides intérêts économiques et l'implacable loi du marché imposée par le libéralisme.
Le chaînon manquant entre cette rhétorique néo-marxiste et soixante-huitarde encourageant les dérives sociétales (de type PMA-GPA) et le libéralisme économique néo-classique du laisser faire-laisser passer a été admirablement illustré par la fameuse phrase de Pierre Bergé: «louer ses bras pour un ouvrier ou louer son ventre pour une femme [dans le cadre d'une GPA], quelle différence?»
Par ailleurs il ne faut pas se le cacher: l'Eglise (à cause du progressisme en grande partie) a perdu les classes populaires et les milieux catholiques se sont embourgeoisés, ce qui explique pourquoi les "cathos" sont assez indifférents aux questions sociales, pourtant très liées et tout aussi importantes que les questions sociétales. Je n'ai pas vu beaucoup de cathos BCBG défiler contre le travail le dimanche, contre le néo-libéralisme qui plonge d'honnêtes travailleurs et leurs familles dans la misère, etc. On est loin de l'intérêt pour les questions sociales qui était celui des catholiques (souvent royalistes d'ailleurs...) du début du XXe siècle. Il y a eu un catholicisme social qui pour autant n'en a pas moins été orthodoxe sur le plan doctrinal.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|