Vos thèses sont remplies d'erreur, mais rien d'étonnant, Jean-Paul, puisque cela fait longtemps que vous attachez plus de crédit à La Salette qu'aux Evangiles et aux enseignements des papes de Pie IX à Pie XII.
Vous avez notamment à de nombreuses reprises professé ici une thèse jugée hérétique :
De plus, la proposition qui établit que le Pontife Romain est chef ministériel, ainsi expliquée que le Pontife Romain reçoit non pas du Christ, en la personne du bienheureux Pierre, mais de l'Eglise, le pouvoir de ministère dont il est investi dans toute l'Eglise, comme successeur de Pierre, vrai Vicaire du Christ et Chef de toute l'Eglise : hérétique. (Pascendi Dominici Gregis, citant Pie VI, Auctorem Fidei)
C'est le nœud (l'erreur principale que j'ai oublié de rappeler dans mon précédent message).
Le Christ et Pierre forment l'unique Tête de l'unique Eglise.
Laquelle Tête préexiste à l'Eglise elle-même (car elle est fondement de l'Eglise, aussi bien en Jésus qu'en Pierre).
Laquelle Eglise n'existe sur terre qu'unie à son Pontife légitime.
Il est donc absurde et faux d'essayer d'invoquer la Tradition coupée du Pontife régnant contre le Pontife régnant.
Le Pontife régnant est, par l'assistance promise par Dieu, le seul garant visible de la pureté de la Foi.
L'Eglise unie à sa Tête reçoit son infaillibilité de cette unique Tête : Jésus s'unissant le Successeur de Pierre et l'assistant indéfectiblement dans sa mission.
L'ultime argument, quand je produis ces textes bruts, est toujours de récuser leur autorité ou leur validité.
Effectivement, ils sont gênants. Pie XI notamment est très clair :
Il est impossible, non seulement que l'Eglise ne subsiste aujourd'hui et toujours, mais aussi qu'elle ne subsiste pas absolument la même qu'aux temps apostoliques.
Et si vous repensez aux temps apostoliques, indépendamment de la correction de Paul non sur la doctrine de Pierre (qui était celle révélée à Pierre dans sa vision avant la visite de Corneille, je vous le rappelle, et confirmée au concile de Jérusalem) mais sur la pratique, c'était déjà un gros bazar pour élucider et formuler le mystère chrétien.
Mais toujours le roc a été Pierre, et que vous preniez la formule des Pères de Constantinople IV ("On ne peut, en effet, négliger la parole de notre Seigneur Jésus-Christ qui dit : 'Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église'. Cette affirmation se vérifie dans les faits, car la religion catholique a toujours été gardée sans tache dans le Siège apostolique.") pour l'expression d'une pensée magique, en dit long sur les ténèbres qui obscurcissent votre regard.
Enfin, je ne cherche pas à imposer des thèses modernistes (au contraire, j'alerte sur le modernisme de la "Tradition"), mais je cherche à faire revenir au fondement donné par le Christ à son Eglise.
Pourquoi ?
Avant tout, car il en va du salut des âmes ("La condition première du salut est de garder la règle de la foi orthodoxe. Désireux de ne nous séparer en rien de sa foi et de sa doctrine... nous espérons mériter de demeurer unis en cette communion que prêche le Siège apostolique, en qui réside, entière et vraie, la solidité de la religion chrétienne."), de la perdition et du malheur y compris sur cette terre de beaucoup.
Mais aussi parce que l'Eglise recevrait beaucoup d'un retour de la FSSPX à la pleine communion.
Les fidèles, religieux et pasteurs de la "Tradition" (qui désormais rejette publiquement Vatican I) ont quant à eux tout à perdre d'un schisme établi : la foi, la joie, et, à Dieu ne plaise !, le salut.