Rosaire pendant la messe et le Saint-Siège par John DALY 2015-04-15 16:46:59 |
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Voici un petit résumé d'évènements généralement oubliés :
1. 1883 (1 septembre). Pape Léon XIII. Le décret Supremi apostolatus officio ordonne qu’en toute paroisse soient publiquement récitées cinq dizaines du rosaire durant tout le mois d’octobre suivies des litanies de Lorette, accompagné de la messe ou d’un salut du Saint-Sacrement.
2. 1883 (10 décembre). Pape Léon XIII. L’invocation Reine du très saint Rosaire, priez pour nous est ajoutée aux litanies, en dernier lieu.
3. 1883 (24 décembre). Pape Léon XIII. Salutaris ille. « Nous recommandons instamment à tous les fideles la pieuse habitude de la récitation quotidienne du Rosaire : en même temps, Nous déclarons qu'il est dans Notre désir que le Rosaire soit récité tous les jours dans l’église principale de chaque diocèse, et chaque jour de fête dans les églises paroissiales. »
4. 1884 (30 août). Pape Léon XIII. Superiore anno. Renouvellement des stipulations de Supremi apostolatus officio sur le rosaire public dans toutes les églises paroissiales en octobre, avec la précision explicite: “Si la récitation a lieu le matin, le Saint Sacrifice aura lieu pendant ces prières…”
5. 1885 (20 août). Pape Léon XIII. Inter plurimos. La pratique est rendue d’obligation permanente. « C’est pourquoi pour la présente année et pour toutes les années à venir, tant que dureront les tribulations actuelles de l’Église et jusqu’à ce que la pleine liberté soit rendue au Souverain Pontife, et que l’Église universelle puisse rendre grâce à Dieu pour la restauration de cette liberté, Sa Sainteté décrète et ordonne qu’au moins cinq dizaines du Rosaire de la Bienheureuse Vierge, avec les litanies de Lorette, soient récitées à partir du premier jour d’octobre de chaque année jusqu’au deux novembre suivant, dans toutes les églises paroissiales et dans les oratoires publics dédiés à Notre Dame, ainsi qu’en d’autres à désigner par l’évêque. Si cette dévotion a lieu le matin, la messe sera célébrée pendant les prières, si l’après-midi le Saint-Sacrement sera exposé et la bénédiction donnée. »
6. 1886 (16 janvier). Pape Léon XIII. S. C. R. (Decreta authentica, § 3650. Palentina. 5957.) La sacrée congrégation des rites répond à un dubium posé par le maître de cérémonies du diocèse de Palencia concernant le décret Inter plurimos ci-dessus cité. Le maître de cérémonies demande : « Est-ce que ces paroles doivent être entendues de sorte que le Rosaire soit récité en même temps [uno eodemque tempore] que la messe est célébrée, ou plutôt que la messe soit célébrée d’abord et le Rosaire avec les litanies récités après… ? La réponse est : « Affirmative, ad primam partem; Negative, ad secundam ».
7. 1889 (15 aôut). Pape Léon XIII. encyclique Quamquam pluries.
8. 1891 (22 septembre). Pape Léon XIII. Encyclique Octobri mense sur le rosaire.
9. 1935 (décembre). Lors d’une controverse dans les pages de la revue The Tablet sur la pratique de réciter le chapelet pendant la messe, le Rév. Patrick Daniel de Dublin déclare: « J’ai vu Pio Nono et Léon XIII dire leur chapelet en entendant leur messe d’action de grâces. »
10. 1960. Suite à l’instruction du 3 septembre 1958, deux ordinaires interrogent la Sacrée Congrégation des Rites sur la récitation du chapelet durant la messe. Monseigneur l’ordinaire de Ghent présume l’ordre de Léon XIII toujours en vigueur et couramment respecté. Il demande si la récitation publique du chapelet est désormais interdite. Il reçoit la réponse qu’elle n’est pas interdite mais découragée. Monseigneur de Liverpool (Heenan de discutable mémoire) s’enquiert également sur la récitation publique du rosaire durant la messe. Il reçoit de la même source la réponse que le rosaire est à réciter [publiquement] en dehors de la messe.
Personne n’a eu l’idée d’interdire aux fidèles la récitation privée du chapelet pendant la messe – pratique en certains pays quasiment universelle – jusqu’en 1974 (Marialis Cultus) - à une époque où on saccageait crebri malleo la messe et le Rosaire en même temps.
Or, la récitation privée du chapelet à la messe ne peut pas être moins acceptable que la récitation publique laquelle était longtemps obligatoire pendant au moins un mois de l'année. Ceux qui prétendent trouver inconvenable de réciter le chapelet même en privé pendant la messe traditionnelle authentique, voire qui voudraient imposer l’usage du missel aux laïcs, ont une conception des convenances liturgiques et dévotionnelles très éloignée de celle de plusieurs papes relativement récents et s’en prennent à une pratique profondément ancrée dans l’Église pendant une période importante et qui a duré jusqu’à ce que l’ennemi soit déjà aux portes. Il est visible que leur avis est difficilement conciliable avec les actes de l'autorité suprême et qu’en aucun cas on ne peut l’imposer aux fidèles qui ne la partagent pas.
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