le revirement du pape est en effet un ? par Luc Perrin 2012-10-01 01:35:14 |
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Il ne fait aucun doute que le pape a changé d'avis en mai-juin 2012.
Ce qui paraissait acceptable deux mois avant, subitement ne l'était plus et les longs mois d'échanges et négociation se trouvaient effacés.
- Qui a fait aussi fortement pression sur le Saint-Père ?
On sait que dans le passé des pressions similaires avaient reculé Jean-Paul II, bien plus tôt dès 1986-1988. Le cardinal Hume certainement, le cardinal Lustiger probablement sont 2 noms couramment avancés ; le premier s'est confessé et a regretté d'ailleurs.
Qui en 2012 ? Le cardinal Koch, président de Conseil, a rendu publique son opposition à Vienne qui plus est ... un lieu bien chargé compte tenu de la posture oppositionnelle qu'affectent les évêques autrichiens (et une large partie de leurs clercs) depuis le début du pontificat et déjà auparavant. Qui d'autres ?
Comme cela se déroule sur fonds de Vatileaks, on peut s'interroger aussi de ce côté.
- Une décision difficile pour le pape de toute façon :
d'une part, à cause de l'émotion et des secousses canoniques qui en résulteraient inévitablement ; le statu quo est plus "confortable" pour les migraines du pape.
d'autre part et plus profondément, un Préambule ouvert à une critique de certains points de Vatican II, il y en a de façon évidente, mettrait à bas la ligne "tout Vatican II mais rien que Vatican II bien interprété" qui était celle du cardinal Ratzinger depuis 1984 au moins.
Pour l'instant, quand Benoît XVI écarte Joseph Ratzinger, c'est toujours vers "la gauche" ou plutôt les "Montiniens" de l'épiscopat, de la Curie (cf. toutes les récentes nominations avant l'été, en particulier le retournement complet en matière de liturgie avec la promotion d'un archi-bugniniste avec Mgr Roche, revirement qui vient après les 3 ans d'immobilisme qui ont suivi l'éviction de Mgr Ranjith en 2009).
N'oublions pas que ce que vous accordez comme "ministère critique" à Mgr Fellay et ses confrères, de fait vous l'octroyez à l'aile opposée des néo-chrétiens de G*li*s aux admirateurs de feu le cardinal Martini. Comment accueillir les premiers sans ouvrir un boulevard aux seconds, tel est le dilemme du Souverain Pontife ... pas si simple.
En tout cas, la méthode castrillon Hoyos appliquée par le cardinal Levada et Mgr Pozzo, avec quelques nuances on revenait à "l'ultimatum" de 2008, a eu le même résultat négatif. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, dit-on : il serait tant que ce principe de logique pénètre dans les bureaux romains en charge de cette question. Pour qu'on évite de reproduire quasi mécaniquement les mêmes erreurs.
ps. incidemment la réhabilitation de Mgr Lefebvre est un dossier qui n'a pas été suffisamment exploré ; Mgr Fellay samedi au Grand Rex a donné deux intéressants témoignages à ce sujet. Après tout, on a revu des cas plus épineux comme ceux de Galilée et de l'abbé Rosmini, le pendant catholique libéral/transigeant de Mgr Lefebvre, condamné par le Saint-Office et pourtant béatifié sous Benoît XVI en 2007. La sainteté de vie de l'abbé était reconnue par tous y compris par Pie IX.
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