Interreligieux : une prudence qui fait défaut depuis 1979 ? par Scrutator Sapientiæ 2012-09-29 13:33:10 |
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Bonjour et merci, Luc PERRIN
Je vous remercie de me dire, quand vous en aurez le temps, ce que vous pensez des passages suivants.
I. LETTRE ENCYCLIQUE REDEMPTOR HOMINIS DU SOUVERAIN PONTIFE JEAN-PAUL II - Dimanche 4 mars 1979.
" 6. Même si c'est d'une autre manière et avec les différences qui s'imposent, il faut appliquer les réflexions précédentes (sur l'oecuménisme) à l'activité qui tend au rapprochement avec les représentants des religions non chrétiennes et qui s'exprime par le dialogue, les contacts, la prière en commun, la recherche des trésors de la spiritualité humaine, car ceux-ci, nous le savons bien, ne font pas défaut aux membres de ces religions. N'arrive-t-il pas parfois que la fermeté de la croyance des membres des religions non chrétiennes _ effet elle aussi de l'Esprit de vérité opérant au-delà des frontières visibles du Corps mystique _ devrait faire honte aux chrétiens, si souvent portés à douter des vérités révélées par Dieu et annoncées par l'Eglise, si enclins à laisser se relâcher les principes de la morale et à ouvrir les portes à une morale permissive? Il est noble d'être disposé à comprendre chaque homme, à analyser chaque système, à donner raison à ce qui est juste; mais cela ne signifie nullement perdre la certitude de sa propre foi 20 ou affaiblir les principes de la morale, dont l'absence se fera vite sentir dans la vie de sociétés entières en y provoquant, entre autres, ses déplorables conséquences. "
(...)
" 11. Quant à la religion, il s'agit avant tout de la religion comme phénomène universel, qui fait partie de l'histoire humaine depuis son commencement; puis des diverses religions non chrétiennes et enfin du christianisme lui-même. Le document conciliaire consacré aux religions non chrétiennes est, en particulier, plein d'une profonde estime pour les grandes valeurs spirituelles, bien plus, pour le primat de ce qui est spirituel et qui, dans la vie de l'humanité, trouve son expression dans la religion, puis dans la moralité qui se reflète dans toute la culture. A juste titre, les Pères de l'Eglise voyaient dans les diverses religions comme autant de reflets d'une unique vérité, comme des «semences du Verbe» 67 témoignant que l'aspiration la plus profonde de l'esprit humain est tournée, malgré la diversité des chemins, vers une direction unique, en s'exprimant dans la recherche de Dieu et, en même temps, par l'intermédiaire de la tension vers Dieu, dans la recherche de la dimension totale de l'humanité, c'est-à-dire du sens plénier de la vie humaine. Le Concile a eu une attention particulière pour la religion judaïque, en rappelant l'important patrimoine spirituel commun aux chrétiens et aux juifs, et il a exprimé son estime pour les croyants de l'Islam dont la foi se réfère aussi à Abraham 68. "
II. DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II AUX MEMBRES DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE DU SECRÉTARIAT POUR LES NON-CHRÉTIENS - Vendredi 27 avril 1979.
(...)
" Près de quinze années d’expérience ont appris beaucoup de choses et, dans une claire vision, votre Assemblée plénière peut décrire l’état actuel du dialogue avec les non-chrétiens dans les différentes régions culturelles, en discerner les difficultés, les problèmes et les résultats obtenus dans chaque région, et établir des programmes à court et long terme pour les prochaines années.
J’espère et je désire que la volonté de dialogue en vue du salut soit plus ferme dans toute l’Église, y compris dans les pays à majorité chrétienne. L’éducation au dialogue avec les disciples de fois différentes devrait faire partie de la formation des chrétiens, spécialement des jeunes.
Dans son Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, Paul VI disait que la rencontre avec les religions non chrétiennes « suscite des questions complexes et délicates qu’il convient d’étudier à la lumière de la Tradition chrétienne et du magistère de l’Église pour offrir aux missionnaires d’aujourd’hui et de demain — et j’ajouterai : à tous les chrétiens — de nouveaux horizons dans leurs contacts avec les religions non chrétiennes » (n. 53). Vous en avez conscience, votre travail est délicat. Il doit se faire avec joie et générosité, sans crainte, mais aussi avec la lumineuse conviction que, selon l’expression de Paul VI, « le dialogue est un moyen d’exercer la mission apostolique ; c’est un art de communication spirituelle » (Ecclesiam suam : AAS 56, 1964, p. 644).
Le respect et l’estime « de l’autre » et de ce qu’il a au plus profond de son cœur est essentiel pour le dialogue. À cela, il faut ajouter le discernement, ainsi qu’une connaissance sincère et profonde. Celle-ci ne peut pas s’acquérir uniquement dans les livres. Elle requiert que l’on sente comme l’autre, qu’on s’identifie à lui. Bien avant qu’une formulation philosophique moderne soit donnée à ces conditions du dialogue, saint Paul disait qu’il voulait se faire tout à tous « à cause de l’Évangile, afin d’y avoir part » (1 Co 9, 23). Dans le dialogue, comme nous le dit aussi saint Paul, les paroles ne peuvent pas devenir constructives et fructueuses sans amour. La parole et l’amour sont le vrai véhicule de la communication. La seule parole vraiment parfaite est celle qui est dite avec amour. Et précisément parce que l’amour doit être joint à la parole pour qu’elle soit efficace, il est nécessaire et urgent, comme je l’ai dit dans mon encyclique, que la mission et le dialogue avec les non-chrétiens soient menés par des chrétiens qui sont en communion et collaborent les uns avec les autres (cf. Redemptor hominis, 6, 11). C’est pourquoi je suis heureux de voir présents à cette Assemblée plénière du Secrétariat des représentants qualifiés de l’Église grecque-orthodoxe et du Conseil œcuménique des Églises. Vous êtes tout à fait les bienvenus, et que Dieu bénisse cette collaboration. "
Bon après-midi et à bientôt.
Scrutator.
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