Le problème est mal posé par Signo 2026-10-14 23:34:17 |
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En posant le problème tel que vous le faites, la liturgie est réduite à un amas informe d’éléments disparates classés en deux catégories: les éléments qu’on doit garder, les éléments que l’on peut supprimer. Le rite n’est plus envisagé dans son unité organique, dans sa personnalité propre, reposant sur de subtils équilibres, mais comme un empilement d’éléments sans rapports les uns avec les autres. C’est méconnaître la nature même de la liturgie et son expression particulière qu’est le rite.
En réalité le rite doit être abordé comme une personne. Il naît, grandit, se développe, arrive à maturité. Il acquière une personnalité propre, fruit du triple effet de l’inspiration divine, de l’humus culturel dans lequel il se développe, et des contingences historiques qui le caractérisent. C’est cette personnalité propre, envisagée dans son unité globale, organique, que le législateur a le devoir de respecter et de protéger, et non pas tel ou tel élément particulier.
Cette approche rend possible des modifications mineures de la liturgie (rajouter une fête au calendrier ici, supprimer telle excroissance, ajouter telle prière), respectueuses de l’identité de chaque rite et des fragiles équilibres sur lesquels il repose, fruit d’une longue maturation; elle exclut toute refonte radicale, toute révolution, toute tabula rasa, toute reconstruction radicale. En un mot, elle exclut la réforme de 1969, coupable non d’avoir supprimé tel ou tel aspect du rite, mais d’avoir procédé à une refonte radicale, procédant ainsi à une entreprise comparable à une grave mutilation d’un corps humain, ou à une opération transgenre.
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