Unité en trompe-l’œil: nous y sommes déjà par Signo 2026-03-21 08:26:06 |
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Plusieurs points à souligner:
- le risque que vous soulignez -une unité en trompe l’œil, purement administrative- existe déjà. Des pans entiers (pas seulement des individus ni même des groupes) du catholicisme contemporain rejettent parfois explicitement certains dogmes ou certaines vérités de foi, prônent l’ordination des femmes, etc. J’ai beaucoup essayé de dialoguer avec ces gens, de trouver des points d’entente, mais c’est impossible : il appartiennent à une autre planète, à une autre religion en définitive. Et pourtant sur le papier ils sont catholiques. Ça ne me plaît pas plus qu’à vous, mais enfin c’est un fait.
- enfermer tous ces catholiques aux divergences profondes dans un unique missel et une même entité ecclésiale est la dernière bêtise à faire, cela ne réglerait aucun des désaccords (qui portent sur des questions de foi, de compréhension du message chrétien, et non sur des différences de missel) et cela aurait probablement au contraire pour effet de les exacerber en les contraignant à une collocation forcée qui ne fera que mettre à vif les divergences. Jamais, à aucune période de l’histoire de l’Eglise, l’unité ecclésiale ne s’est fondé sur une uniformité liturgique. L’unité se fonde sur la foi et la diversité rituelle était la norme jusqu’à très récemment même à l’intérieur du monde latin. Les catholiques de Lyon, qui avaient leur propre liturgie jusqu’en 1970, étaient-ils en rupture de communion avec le reste de l’Eglise latine?
- une fois de plus, je constate que ceux qui prônent ce genre de « solution » font abstraction de tout contexte: nous ne sommes plus sous Benoit XVI. Avez-vous déjà oublié que l’une des conclusions de la démarche synodale lancée par le précédent pape était de réformer la liturgie de Paul VI pour la rendre plus « synodale », c’est à dire, en clair, l’éloigner encore plus de la tradition liturgique ancienne? Comment imaginer que dans pareil contexte, on puisse introduire dans le nouveau missel des éléments de l’ancien? Vous imaginez le grand écart, une sorte de pseudo-messe de S. Pie V cohabitant avec une quasi cène influencée par le protestantisme libéral, le tout dans un même missel? Qui peut sérieusement affirmer qu’un tel modèle serait une authentique unité ?
- effectivement, il existe un risque d’enfermer la liturgie traditionnelle dans le formol de 1962. Ce n’est pas parce que nous refusons la proposition de Dom Kemlin que nous refusons toute évolution. Il est possible d’introduire certaines possibilités mineures sans dénaturer la liturgie traditionnelle : chant du Pater par les fidèles, enrichissement des préfaces, suppression de la superposition messe basse/messe chantée, etc. Mais ce qui est certain, c’est que la liturgie traditionnelle doit être préservée dans ses caractéristiques les plus essentielles, ce qui inclut nécessairement le calendrier et le lectionnaire avec le cycle annuel des lectures des dimanches et fêtes.
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