L’enfer est pavé de bonnes intentions par Signo 2026-03-19 10:52:43 |
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Un proverbe populaire que, malgré tout le respect que je lui dois, l’abbé de Solesmes ferait bien de méditer.
Je fais miennes les analyses d’Yves Daoudal et je partage globalement la position de Nemo.
Non, nous ne voulons pas du nouveau calendrier. Nous voulons garder la Septuagésime, le dimanche de la Passion, l’octave de Pentecôte, le temps après la Pentecôte et après l’Epiphanie, les Quatre-Temps. Le nouveau calendrier, malgré quelques éléments acceptables, est globalement un appauvrissement considérable du cursus liturgique et donc de sa capacité de formation spirituelle des fidèles. Ceux qui en doutent et souhaitent un avis éclairé exempt de tout soupçon de lefebvrisme n’ont qu’à lire ce qu’en dit Bouyer dans ses Mémoires.
Non, nous ne voulons pas des nouvelles oraisons qui euphémisent les notions de pénitence, de jeûne, de péché, de combat spirituel.
Nous ne voulons pas non plus du nouveau lectionnaire des dimanches. Il est faux de dire que l’ancien lectionnaire est moins riche; en réalité, il correspond à une autre logique, qui n’est pas celle de la lectio continua (la messe n’est pas faite pour cela), mais chaque dimanche, avec son propre dont les lectures sont une composante essentielle, a son caractère et son originalité propre. Par ailleurs le cycle annuel favorise la mémorisation des fidèles. C’est une logique très ancienne que l’on retrouve dans les rites orientaux. Le cycle annuel romain est très ancien (plus de mille ans), donc vénérable. Enfin l’adoption du nouveau lectionnaire briserait l’unité entre la messe et l’office: avec les antiennes du Benedictus et du Magnificat tirées de l’Evangile du jour, laudes et vêpres sont solidaires de la messe; changer de lectionnaire n’est pas une modification anodine, cela suppose une réforme liturgique d’ampleur puisqu’il faudrait réviser une grande partie des antiennes de l’Office. Ceux qui proposent ce changement n’ont pas sérieusement réfléchi au sujet et sont animés d’une mentalité dans laquelle la vie liturgique se réduit à la messe. Étrange pour un bénédictin…
L’affirmation selon laquelle l’unité ecclésiale nécessiterait un unique missel romain est une aberration démentie par l’histoire et par les principes les plus élémentaires de l’ecclésiologie. Le principe vraiment traditionnel c’est l’unité de la foi dans la diversité des rites, même à l’intérieur du monde latin. Le rite traditionnel et le rite moderne ne sont pas deux formes d’un même rite, ce sont bien deux rites complètement différents, avec des différences majeures et dont certaines rendent incompatibles la coexistence de ces deux pratiques dans un même ensemble rituel. Toute solution qui ne prend pas en compte ce fait indiscutable est vouée à l’échec.
En réalité cette solution est une sorte de mixte entre le Ratzingérisme et le néo-bugninisme de TC: rallier les catholiques traditionnels au nouveau rite au prix de quelques concessions.
Ce qui me frappe dans tous ces débats c’est le renversement de l’ordre des priorités : on fait comme si le problème principal c’était le rite ancien (pourtant ultra minoritaire), qu’il faudrait réformer ou dissoudre dans la nouvelle liturgie, alors que le véritable problème, lui massif en revanche, est le nouveau rite qui permet les pires aberrations sans la moindre réaction des autorités. Autant dire que cette proposition hors-sol n’a pas la moindre chance d’aboutir et que si elle était choisie par Rome, elle provoquerait une levée de bouclier telle que le projet serait un échec d’emblée.
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