que de questions fondamentales ! par Luc Perrin 2026-03-20 11:17:49 |
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si j'ajoute dans le fil, les remarques de Nemo - sur l'unité par la foi plus que par un missel -, celles de Signo, Leopardi, F. Dallais ... toutes allant droit au coeur des problèmes, cela nous fait un écheveau inextricable qui déborde amplement la question liturgique au sens étroit.
Les ennemis acharnés de la Tradition liturgique - romaine, des rits latins autres et qui cherchent à dénaturer les liturgies orientales aussi - ont bien compris l'enjeu, les enjeux. A cet égard, Son Éminence anti-Tradition, Arthur cardinal Roche a le mérite de la franchise.
Il fait, et nombre de théologiens post-conciliaires avec lui, du NOM le passeport exigé pour entrer dans le monde supposément merveilleux du néo-catholicisme. La lettre d'accompagnement de T.C., dont il est de notoriété publique l'inspirateur avec Andrea Grillo le très bugniniste néo-liturge néo-libéral-néo-moderniste qui sévit à l'institut Saint-Anselme, l'expose sans ambage.
Au fond, toutes nos questions à propos du missel 1962, 1965 - jamais pensé comme tel, simple étape d'une transition rapide - 1969 et les éditions suivantes (2002 la dernière en date en théorie mais moult altérations sont intervenues depuis au plan local etc.) se ramènent à ce point focal : veut-on ou pas une "anglicanisation" sur le FOND ?
A savoir, une Église néo-catholique ayant conservé, la façon de la plupart des anglicans-épiscopaliens, des horipeaux de la Tradition un petit bout des 10 Commandements, un peu de clochettes et d'encens, une hiérarchie "comme si" - l'Église syncrétiste du christianisme céleste en Afrique de l'Ouest a ainsi des "cardinaux", des "archevêques", des "prêtres", des "diacres" ... des fidèles en aube blanche et cordon à la ceinture (sic !) avec leurs épouses et leurs enfants eux-mêmes vêtus ainsi ...le tout avec des pratiques musulmanes et des rits issus du vodoun et autres religions traditionnelles africaines - le tout dans un "Chemin synodal" ne menant nulle part qu'à l'apostasie par petits pas.
Là où je diverge d'avec Réginald, sans écarter ses légitimes inquiétudes et justes interrogations sur une "unité en trompe-l'oeil" - c'est celle qui existe en 2026 toutefois et depuis avant Vatican II, très peu satisfaisante certes mais elle est là - la liturgie n'est pas en fait le lieu théologique pour poser la question de fond.
Vatican II, la Constitution S.C. de 1963, consacre la diversité des rits légitimes comme déjà ce moderniste enragé de saint Pie V le faisait pour l'Église latine, cher Réginald, dans sa magnifique bulle Quo primum tempore qui reconnaît le principe de la diversité en 1570, supérieur à la politique d'uniformité que ce pape cherche pourtant à promouvoir par ce texte :
"à moins que depuis la première institution approuvée par le Siège Apostolique ou en vertu de la coutume, cette dernière ou l’institution elle-même aient été observées dans ces mêmes églises depuis deux cents ans au moins, d’une façon continue, pour la célébration des messes. Dans ce cas, Nous ne supprimons aucunement à ces églises leur institution ou coutume de célébrer la messe ; mais si ce Missel que Nous avons fait publier leur plaisait davantage, de l’avis de l’Évêque ou du Prélat, ou de l’ensemble du Chapitre, Nous permettons que, sans que quoi que ce soit y fasse obstacle, elles puissent célébrer la messe suivant celui-ci."
L'Église catholique a vécu depuis les origines quasiment avec une diversité liturgique (Occident, Orient), l'Église latine seule a connu une impressionnante diversité liturgique jusqu'à la fin du règne du Bhrx Pie IX dans une vraie communion de foi, une unité sur la foi ainsi que le souligne Nemo qui est le coeur de tout.
La diversité liturgique ne s'oppose en rien à la Tradition, c'est l'uniformité qui lui est contraire, elle a toujours été en accord avec l'unité de FOI.
La crise du catholicisme contemporain "in radice", sur le fond, tient à une explosion des "credos" : c'est elle qui a fait du Novus Ordo une auberge espagnole où on mange plus souvent de la nourriture avariée ou industrielle de piètre nutriscore spirituel.
C'est cette crise de la foi qui rend invraisemblable la réforme de la révolution et plus encore une version "uniforme" type 1965.
La cohabitation au sein d'une communion imparfaite me paraît être le lot du peuple de Dieu aujourd'hui. Au fond la situation canonique ouverte qui est celle de la FSSPX, dedans et dehors à la fois, est celle de toutes les communautés ecclésiales nominalement en "pleine communion" quand on y regarde de plus près.
Progresser dans l'unité de foi, bien marquer le rejet indispensable de la Modernité en religion, rappeler les principes du catholicisme intransigeant et intégral, sans idéalisation de l'avant 1776-1789 pour autant ni rêve de chrétienté médiévale inaccessible aujourd'hui Jacques Maritain l'a constaté en 1936 déjà, placer les Dix commandements au coeur de la Cité ... tout cela est premier.
L'unité de foi vit très bien dans la diversité des liturgies. Les liturgies, toutes, souffrent de l'infiltration des fumées de Satan.
Les liturgies traditionnelles, romaine-ambrosienne-dominicaine etc. liturgies orientales préservées, ont fait la preuve qu'elles résistent mieux à cette infiltration et c'est pourquoi lutter pour elles est si important pour la pérennité de la foi chrétienne catholique.
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