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"cette critique est bien faite et bienvenue" (FSSPX)
par Cristo 2026-01-25 21:46:37
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pour ma part, la liberté de ton de l'Excellence à l'endroit de l'Eminence, notamment à propos de son "cléricalisme", ne laisse pas de m'impressionner.
Curieux de savoir ce qu'ils vont se dire à leur prochaine rencontre ...



Mgr Schneider critique sévèrement le rapport du cardinal Roche

22 janvier 2026
Source: FSSPX Actualités

Mgr Athanasius Schneider

Mgr Athanasius Schneider a vivement critiqué le récent rapport liturgique rédigé par le cardinal Arthur Roche pour le consistoire, qui a été remis à tous les cardinaux, mais qui n’a pas été discuté, le sujet de la liturgie n’ayant pas été retenu faute de temps. FSSPX.Actualités a déjà commenté ce texte, véritable charge contre la messe traditionnelle.

Interrogé par Diane Montagna, Mgr Schneider conteste les hypothèses historiques et les prémisses théologiques qui sous-tendent le document du cardinal Arthur Roche. Il soutient que le rapport ne reflète pas une analyse impartiale et minutieuse, mais plutôt une approche idéologique marquée par ce qu’il appelle un « cléricalisme rigide ».

Mgr Schneider soutient que la messe la plus fidèle au Concile était l’Ordo Missae de 1965, et que la forme promulguée plus tard par le pape Paul VI — le Novus Ordo Missae — a été largement rejetée par le premier Synode des évêques après le Concile en 1967.

Il conteste l’interprétation faite de la bulle Quo primum de saint Pie V, remet en question son affirmation selon laquelle la restauration de la liturgie romaine traditionnelle n’était qu’une « concession » et refuse l’idée selon laquelle le pluralisme liturgique « gèle la division » dans l’Église.

Pour Mgr Schneider, le rapport du cardinal Roche « rappelle la lutte désespérée d’une gérontocratie confrontée à des critiques sérieuses et de plus en plus virulentes, émanant principalement d’une génération plus jeune, dont cette gérontocratie tente d’étouffer la voix par des arguments manipulateurs et, en fin de compte, en utilisant le pouvoir et l’autorité comme des armes ».

Ce qui suit est un résumé de cet entretien.

L’évêque auxiliaire d’Astana note d’abord que le document du cardinal Roche est marqué « d’un préjugé évident à l’encontre du rite romain traditionnel et de son usage actuel ». Il ajoute qu’il semble destiné à son élimination. Il accuse même le texte de recourir à la manipulation et à la distorsion de preuves historiques.

Diane Montagna fait remarquer que le cardinal préfet du Dicastère pour le culte divin semble confondre « réforme » et « développement » d’un rite. Mgr Schneider rappelle que l’histoire de la liturgie montre que, depuis Grégoire VII, au XIe siècle, le rite romain n’a subi aucune réforme significative. « Le Novus Ordo de 1970, ajoute-t-il, en revanche, apparaît à tout observateur honnête et objectif comme une rupture avec la tradition millénaire du rite romain. »

Il cite l’archimandrite Boniface Luykx († 2004), spécialiste en liturgie, expert au Concile Vatican II et membre du Consilium chargé par Paul VI d’élaborer la nouvelle messe. Luykx décrit les fondements théologiques erronés qui sous-tendent les travaux de cette commission :

« Derrière ces exagérations révolutionnaires se cachaient trois principes typiquement occidentaux mais erronés : (1) le concept (à la Bugnini) de la supériorité et de la valeur normative de l’homme occidental moderne et de sa culture par rapport à toutes les autres cultures ; (2) la loi inévitable et tyrannique du changement constant que certains théologiens ont appliquée à la liturgie, à l’enseignement de l’Église, à l’exégèse et à la théologie ; et (3) la primauté de l’horizontal » (A Wider View of Vatican II, Angelico Press, 2025, p. 131).

Mgr Schneider stigmatise également la fausse interprétation de la bulle Quo primum de saint Pie V. Le cardinal Roche la décrit comme une volonté d’unifier le rite romain. Mais en fait, « elle autorise explicitement tous rites qui étaient en usage continu depuis au moins deux cents ans à se poursuivre légalement. L’unité ne signifie pas l’uniformité, comme l’atteste l’histoire de l’Église. »

Saint Pie V a ainsi permis la pérennité « de rites ayant une histoire continue d’au moins deux siècles, y compris des usages bien établis tels que les rites ambrosien et dominicain, qui ont non seulement été préservés, mais ont continué à s’épanouir dans l’unité de l’Église romaine ».

Le cardinal Roche affirme par ailleurs la continuité de la nouvelle messe avec la tradition. Mgr Schneider conteste cette affirmation, l’accusant d’être un argument circulaire (la conclusion prouvant les principes et les principes prouvant la conclusion). Il cite le cardinal Joseph Ratzinger écrivant :

« Le problème du nouveau Missel réside dans le fait qu’il rompt avec cette histoire continue – qui s’est déroulée sans interruption avant et après Pie V – et crée un livre entièrement nouveau, dont l’apparition s’accompagne d’une sorte d’interdiction de ce qui existait auparavant, ce qui est totalement étranger à l’histoire du droit et de la liturgie de l’Église. D’après ma connaissance des débats conciliaires et d’une relecture des discours prononcés à l’époque par les Pères conciliaires, je peux affirmer avec certitude que ce n’était pas l’intention. »

Il cite également l’archimandrite Boniface Luykx qui va dans le même sens.

Mgr Schneider défend ensuite la pluralité des rites, tels le rite traditionnel et les rites orientaux, qui ne peuvent être désignés comme une « concession » selon le mot du cardinal Roche. La reconnaissance et la restauration des anciens livres liturgiques doivent être considérées comme l’expression d’une pluralité légitime au sein de la vie liturgique de l’Église.

L’évêque du Kazakhstan défend ensuite sa thèse : selon lui, « la véritable réforme de la messe selon le Concile » est celle de 1965 décrite « explicitement comme la mise en œuvre des dispositions de la Constitution sur la liturgie sacrée ». Et il ajoute que lors du premier Synode des évêques après le Concile, en 1967, le P. Annibale Bugnini a présenté aux Pères synodaux le texte et la célébration d’un Ordo Missae radicalement réformé (la future nouvelle messe).

La majorité des pères synodaux de 1967 ont rejeté cet Ordo Missae, c’est-à-dire notre Novus Ordo actuel. Par conséquent, ce que nous célébrons aujourd’hui n’est pas la messe du Concile Vatican II, qui est en fait l’Ordo Missae de 1965, mais plutôt la forme de la messe qui a été rejetée par les Pères synodaux en 1967 comme étant trop révolutionnaire.

En conclusion, pour illustrer la crise liturgique actuelle, Mgr Schneider cite à nouveau l’archimandrite Boniface Luykx : « Lorsque la révérence disparaît, tout culte devient un simple divertissement horizontal, une fête sociale. Là encore, les pauvres, les petits, sont victimes, car la réalité évidente de la vie qui découle de Dieu dans le culte leur est enlevée par les “experts” et les dissidents.

« Aucun hiérarque, du simple évêque au pape, ne peut inventer quoi que ce soit. Chaque hiérarque est un successeur des apôtres, ce qui signifie qu’il est avant tout un gardien et un serviteur de la Sainte Tradition – un garant de la continuité dans l’enseignement, le culte, les sacrements et la prière. »

Il réserve une critique cinglante à l’auteur de ce malheureux rapport : « Le document du cardinal Roche rappelle la lutte désespérée d’une gérontocratie confrontée à des critiques sérieuses et de plus en plus virulentes, émanant principalement d’une génération plus jeune, dont cette gérontocratie tente d’étouffer la voix par des arguments manipulateurs et, en fin de compte, en utilisant le pouvoir et l’autorité comme des armes.

« Pourtant, la fraîcheur et la beauté intemporelles de la liturgie, associées à la foi des saints et de nos propres ancêtres, prévaudront néanmoins. Le sensus fidei perçoit instinctivement cette réalité, en particulier parmi les “petits” de l’Église : les enfants innocents, les jeunes héroïques et les jeunes familles. »

Même si certains points sont discutables, néanmoins, cette critique est bien faite et bienvenue. Espérons que le cardinal Roche entendra l’avertissement qui sert de conclusion à l’entretien : « je conseillerais vivement au cardinal Roche et à de nombreux autres membres du clergé, plus âgés et quelque peu rigides, de reconnaître les signes des temps – ou, pour le dire de manière figurative, de prendre le train en marche afin de ne pas être laissés pour compte ».

(Source : Diane Montagna’s Substack – FSSPX.Actualités)
Illustration : Flickr / Fr Lawrence Lew, O.P. (CC BY-NC-ND 2.0)

https://fsspx.news/fr/news/mgr-schneider-critique-severement-le-rapport-du-cardinal-roche-56775

     

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 Mgr Athanasius Schneider – Entretien sur le document du cardinal Roche par Semetipsum  (2026-01-22 11:59:33)
      Au passage... par Athanasios D.  (2026-01-22 13:55:52)
          C'est vrai... par Pétrarque  (2026-01-22 14:47:59)
          Il n'en demeure pas moins que... par Candidus  (2026-01-22 15:05:04)
              ... son Éminence avait tort. par Athanasios D.  (2026-01-22 15:34:47)
          Boniface Luykx par Signo  (2026-01-22 16:34:34)
              Nécessairement? par Athanasios D.  (2026-01-22 16:42:21)
                  On avance par Signo  (2026-01-22 17:17:37)
                      Pas sûr. par Athanasios D.  (2026-01-23 09:16:24)
                          Intéressante réponse par Signo  (2026-01-23 11:29:02)
                              Ah bon ? par Ion  (2026-01-23 12:14:58)
                                  Oui en partie par Signo  (2026-01-23 12:45:35)
                              Je vous remercie... par Athanasios D.  (2026-01-23 21:57:13)
                                  Contradictions multiples par Signo  (2026-01-23 22:41:14)
                                      En bref : par Athanasios D.  (2026-01-25 13:56:27)
                                          Réponse par Signo  (2026-01-25 16:44:24)
                  Des témoignages sur le NOM par Jean-Paul PARFU  (2026-01-22 17:20:19)
                      Votre citation de Bugnini est trompeuse par Bibracte  (2026-01-22 18:57:57)
                          Au passage... par Bibracte  (2026-01-22 19:06:10)
                              Merci... par Athanasios D.  (2026-01-23 08:30:27)
                          Non Bbracte ! par Jean-Paul PARFU  (2026-01-22 19:49:37)
                              Justement, attention par Signo  (2026-01-22 20:21:44)
                              Plusieurs choses par Bibracte  (2026-01-22 21:37:21)
                                  Sur Bugnini par Jean-Paul PARFU  (2026-01-23 15:43:37)
                                      Article pas sérieux par Signo  (2026-01-23 19:33:22)
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      "cette critique est bien faite et bienvenue" (FSSPX) par Cristo  (2026-01-25 21:46:37)


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