Simplismes réducteurs par Signo 2025-03-14 22:20:36 |
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Merci à Luc Perrin pour ses rappels historiques qui rappellent des faits objectifs.
Pour comprendre ce qui s’est passé et notamment l’écart parfois abyssal entre la praxis progressiste et les textes conciliaires, il faut remettre non pas du complotisme de bas étage mais de la chronologie et du contexte.
Pour cela les reportages de l’époque consultables sur le site de l’INA sont très instructifs. Par exemple le fameux reportage sur le séminaire de Lille, réalisé en 1972, est éloquent. Qu’y voit t’on? Des séminaristes qui doutent de leur vocation, adeptes de la pastorale de l’enfouissement, qui se moquent et tournent en dérision les décisions romaines (on est sous Paul VI!). Il est facile de voir que le Concile réel n’a rien à voir là dedans et que notamment Sacrosanctum Concilium est loin… très loin! On est dans un mouvement de destruction qui vient de la base, de la jeunesse notamment, et qui peu à peu remonte et contamine toute la hiérarchie. Il est clair que loin d’avoir voulu imposer le progressisme via le concile, Rome a en réalité totalement perdu le contrôle de la situation.
Les évêques, (je parle de ceux qui ont fait le Concile) étaient des hommes d’une autre époque, formés dans un catholicisme routinier, et ont été totalement incapables de résister à ce tsunami. Ils commencé à faire des concessions… avant de capituler et d’être peu à peu remplacés par des évêques acquis au progressisme radical.
Paul VI a effectivement sacrifié le latin et le grégorien dans sa lettre d’accompagnement du NOM, non pas parce qu’il était très progressiste et très méchant, mais parce qu’il pensait sincèrement que le passage à une liturgie en vernaculaire était indispensable à ce que le « renouveau liturgique » porte ses fruits chez les fidèles. Erreur pastorale gravissime certes, mais qui ne signifie pas que l’abandon du grégorien était acté dès le début du concile. Entre les deux il y a eu mai 68… et ne pas oublier qu’encore en 1966, Paul VI écrit une lettre a tous les supérieurs de communautés religieuses astreintes à l’office choral pour leur demander de maintenir l’office en latin et en grégorien. On sent en lisant la lettre qu’il cherche à résister à une forte demande venant du bas, des religieux eux-mêmes, en rappelant la valeur inestimable du patrimoine choral traditionnel.
Dès lors, il apparaît clairement que la lettre de 1969 n’est pas l’aboutissement de la réforme conciliaire: c’est au contraire la trahison explicite du concile et la capitulation de l’Autorité face aux masses catholiques gagnées au progressisme radical!
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