réponse aux remarques d'Eucher et désaccord par Luc Perrin 2023-07-07 18:32:59 |
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Sur le sédévacantisme, vous regarderez avec soin le fil, je sais que vous êtes attentif, et vous verrez que je réponds sur thèse qui n'est pas la mienne et que je n'ai pas lancé cette discussion.
Plus précisément, je réponds aussi, au-delà de la thèse sédévacantiste sous-jacente mais cela est lié à la mens qui est par derrière (cf. posts de Me Parfu qui a bien expliqué cela) au papalisme ou à la papimanie ecclésiologique. L'Église serait le pape et tout éternuement papal serait couvert par le plus haut degré d'infaillibilité urbi et orbi et jusqu'à ce qu'un éclat de rire d'un autre Pontife vienne prendre sa place, le contredire à loisir : l'Église étant le pape, inutile de regarder la Bible, la Tradition, les conciles, le Magistère, ne regardez que le pape du moment.
L'argument me paraît aussi pertinent qu'avant vos observations critiques et voilà pourquoi.
Commençons par celle qui est, à mon sens, hors sujet : la durée. Deux ans d'erreurs manifestes ne seraient rien ? Je crois que deux minutes d'erreurs manifestes répandues en outre dans toute la catholicité sont deux minutes, deux heures, deux ans, dix ans etc. de trop.
Le débat ne portait pas sur la durée des errements mais sur leur existence et l'autorité qui les a introduits et par la suite corrigés.
La question soulevée, voici des lustres ce n'est pas le premier fil à ce sujet, est celle des errements dans le Magistère ordinaire à finalité pastorale explicite. Il y a eu dans Sedes Sapientiae il y a quelques années des mises au point brillantes et érudites faites par un ancien sédévacantiste fort thomiste revenu de ses idées de jeunesse qui a posé les distinctions avec sa science que je n'égale pas en ce domaine.
Les deux autres objections :
- travail bâclé pour Sixte Quint c'est certain mais fait en fonction des connaissances du moment que le pape ne maîtrisait pas pleinement. La version de Clément VIII a été revue au XXe et la Néo-Vulgate de 1979 corrige certains points.
Mais vous avez une connaissance assez précise des écrits de Louis Bouyer or confirmés par d'autres membres du Consilium pour savoir que loin d'avoir été "un travail réfléchi par un secrétaire", il y a eu des parties cruciales aussi "bâclées" que la néo-vulgate de Sixte Quint. Bouyer donne de multiples exemples de ce travail bâclé dont la Prière eucharistique n°2, le calendrier etc.
Comme pour 1590-1592, les experts se sont appuyés sur une connaissance imparfaite : on a appris par l'archéologie après 1964-1969 sur l'ad orientem par ex. qui était la norme hors de Rome.
Oui il y a bien un dessein médiocre de la part du monstrueux lazariste, dessein qu'il a su faire endosser par Paul VI y compris en trahissant les votes du Consilium (cf. Bouyer), trahison et fourberie qui conduisent à la disgrâce de 1974 et à l'envoi à Téhéran en 1975.
Cela ne change rien au fait : une ou plusieurs balourdises avalisées par Rome et qui peuvent donc être révisées ensuite.
- sur la portée : l'usage de la Vulgate est prescrit par Trente pour la liturgie et l'étude comme l'enseignement. Par essence la portée de la bible est universelle, on pourrait même dire, en vous renvoyant l'argument, que le NOM ne s'applique "qu'à" l'Église latine. Mais c'est juste pour rire. La bible est lue certes en latin dans la liturgie romaine de 1590-1592 mais elle est bien là. Plus pour les prédicateurs et divers formateurs.
Mgr Lefebvre ne voyait pas d'hérésie formelle dans le NOM comme les balourdises de Sixte Quint, ce fut rappelé par Marco via saint Alphonse de Liguori, n'apportaient pas non plus d'hérésies.
Merci de m'avoir permis d'affiner l'exemple et d'en établir plus fermement encore la pertinence dans le débat où il s'insère.
En dehors de ce point, j'avais cité l'abolition du rit mozarabe par un pape, une résistance opiniâtre du peuple et finalement le rétablissement officiel par un autre pape bien plus tard. On pourrait prendre aussi bien la stricte interdiction des rits chinois par Benoît XIV au milieu du XVIIIe et leur validation par Pie XI et Pie XII à la fin des années 1930. On pourrait prendre la condamnation impitoyable dans la bulle Unigenitus(1713) - propositions 80 et 81 - de la lecture de la Bible par tout un chacun ; en 1893, Léon XIII à l'inverse encourage l'étude de la Bible et sa lecture bien sûr pour les clercs mais pour tout le peuple... and on and on and on.
Pour la question du rit, Benoît XVI a bien rappelé qu'il y a un droit inaliénable des fidèles et des prêtres : cf. Summorum Pontificum. Il n'est pas dans le pouvoir d'un pape d'abolir ou d'obroger un rit légitime vivant. Même le P. Congar en son temps avait conscience du problème posé.
La balourdise (grosse) de Paul VI et entérinée par Jean Paul II (sa 3e édition typique) procède comme je l'ai dit plus haut en grande partie selon des errements comparables à ceux des temps anciens.
L'abus de pouvoir tient à l'abrogation/obrogation, c'est un autre niveau.
ps. I've seen there are RINOs even in your state ! Dieu protège l'Amérique aux prises avec les forces les plus malfaisantes. Le Pape vient de recevoir en visite privée avec force sourires et cadeaux Bill Clinton, un parangon de vertus chrétiennes, et l'athée militant Alexandre Soros jr, le nouveau patron des Open Society Foundations. A quand des génocidaires rwandais dans les salons du Saint-Père ...
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