La crise est pire que ce que croient les sédévacantistes... par Pétrarque 2023-06-30 17:51:34 |
|
Imprimer |
Leur position, que je ne partage pas, offre une forme de sécurité.
En effet, l'Eglise ne subsiste à leurs yeux que parmi eux, puisqu'il n'y a plus de pape à proprement parler, depuis (en fonction de leurs diverses positions) la mort de Pie XII, depuis le 7 décembre 1965, ou, pour les plus récents, depuis l'élection du cardinal Bergoglio au souverain pontificat.
D'une certaine manière, les choses sont simples. Rome n'est plus dans Rome, le Pape n'est plus pape, les évêques n'en sont plus, les prêtres conciliaires ne sont pas prêtres etc... donc point de salut hors l'adhésion à la théorie du siège vacant.
Mais la crise est pire que cela, je le crains.
Car la Rome moderniste occupe les structures de la Rome éternelle, et les deux Rome cohabitent en permanence dans l'Eglise, jusques et y compris dans le coeur de certains hommes d'Eglise.
Le schisme traverse l'Eglise, l'épiscopat, le Sacré Collège... Peut-être même, à certains moments, le coeur du Pape lui-même, en privé...
C'est le fameux "coup de maître de Satan", qui parvient à persécuter l'Eglise par l'Eglise elle-même.
Si le Pape n'était pas pape, si les évêques et les prêtres ne l'étaient plus, cela reviendrait à affirmer que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise.
Non...
Le Pape est pape, mais il est moderniste et tutoie fréquemment l'hérésie, c'est malheureusement un fait. Il peut parfaitement errer comme personne privée, mais, tant qu'il n'affirme pas publiquement des hérésies avec la prétention d'en faire de nouveaux dogmes, il me paraît requis de lui reconnaître la qualité de Pape.
De même, prêtres et évêques acquis aux nouveautés conciliaires peuvent souvent s'avérer douteux, mais, par un mystère insondable et par l'action du Saint Esprit, des grâces peuvent également passer par eux et continuer de sanctifier certaines âmes. D'autres, tout en ayant adopté le NOM et les nouveaux rites, n'en restent pas moins attachés à la foi catholique et font du bien autour d'eux. Je ne les suis pas, mais il ne me viendrait pas à l'idée de les rejeter comme hérétiques.
Je veux croire qu'ils gardent et incarnent encore, malgré leur compréhension incomplète de la crise, une part de la Rome éternelle.
La position prudentielle adoptée par Mgr Lefebvre est donc de garder une saine distance avec les nouveautés conciliaires en leur préférant fermement ce que l'Eglise a toujours fait et cru, et en s'en remettant éventuellement à un jugement ultérieur de celle-ci, mais de ne pas tomber dans le sédévacantisme, qui, à l'évidence, mène à une impasse, et participe -sauves la foi et les bonnes intentions devant Dieu de ses promoteurs- à l'oeuvre du Diviseur.
Les liseurs sédévacantistes, dont certains, ici, nous gratifient parfois d'interventions excellentes et que je me refuse d'ailleurs à juger, seront certainement en désaccord avec moi, mais je pense que l'attitude de Mgr Lefebvre représente exactement la position à tenir face à la situation que Dieu, pour notre sanctification, nous donne d'affronter.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|