Merci cher professeur... par Signo 2019-04-10 19:33:13 |
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... de rappeler que l'enseignement de Vatican II, qui est infaillible dans toutes ses parties ayant une nature doctrinale touchant à la foi et aux moeurs, récapitule fidèlement la saine Tradition et prolonge le Magistère antérieur, surtout sur cette question hautement importante de l'ecclésiologie.
L'extrait sur le sacerdoce commun que vous citez résume avec éclat ce qui est probablement le plus important dans le christianisme, à savoir la divinisation de l'homme par l'exercice de son sacerdoce baptismal. C'est la finalité de toute la vie chrétienne et c'est un grand drame que cette réalité mystique ait été quelque peu mise sous le boisseau dans les siècles antérieurs.
L'analyse du P. Hervé Legrand n'est pas entièrement fausse mais il me laisse la désagréable impression de ne pas comprendre réellement l'esprit de la Tradition.
Par exemple, en critiquant la théologie catholique du sacerdoce, il semble oublier que contrairement à ce qu'il pense, cette théologie ne suppose absolument pas que la sainteté du sacerdoce christique se confond nécessairement avec la sainteté personnelle du prêtre. La Tradition nous apprend exactement l'inverse (Saint Paul, en parlant du prêtre de l'Ancienne Alliance, préfiguration de celui de la Nouvelle, parle dans l'épître aux Hébreux d'un homme "lui-même rempli de faiblesse", et ipse circumdatus est infirmitate...), insistant ainsi sur la nécessaire indignité de l'homme qui porte ce sacerdoce ministériel et qui doit donc se traduire nécessairement par son humilité et son effacement devant la charge qu'il porte. On est donc très loin d'une "idéalisation" de la personnalité du prêtre en tant que telle; si cette idéalisation a pu être répandue bien souvent, et plus encore au cours des derniers siècles, c'est le fruit d'une dérive qui contredit la doctrine. Cette aspect pourtant essentiel semble totalement échapper à Hervé Legrand.
Autre chose: il y a la tendance de critiquer la légitimité d'un clergé quelque peu mis à part, dépositaire de l'enseignement sacré et qui donc a autorité pour enseigner. On affirme souvent, suivant en cela la mentalité moderno-protestante, qu'il s'agit là d'une trahison tardive des Evangiles. Il suffit de bien connaître les textes bibliques (qui font corps avec la Tradition), les écrits des Pères des premiers siècles, ainsi que les données historiques sur l'Eglise primitive, pour s'apercevoir que c'est faux.
Par exemple, il semble que le Christ ait choisi de délivrer certaines de ses Paroles de manière exotérique, en s'adressant directement aux foules, tout en en réservant d'autres à un cercle "d'initiés" qui sont les Apôtres. L'histoire des premiers développements de l'Eglise primitive montrent bien que le christianisme s'est répandu par l'initiation de cercles concentriques, autrement dit, par le biais d'une médiation humaine. Tous les mystères chrétiens n'ont pas été livrés entièrement et immédiatement au tout venant (ils sont d'une trop grande profondeur pour cela), mais progressivement diffusés, à la fois par l'enseignement d'une doctrine bien précise (la "saine doctrine" dont parle Saint Paul), et par l'imposition des mains (ordination) à partir d'un groupe primordial constitué par le collège apostolique. Contrairement à ce qu'affirme une certaine mentalité moderno-protestante, la notion de médiation humaine fondée sur le ministère ordonné dépositaire de l'autorité pour enseigner n'est donc pas une reconstruction tardive d'une Eglise cléricalisée, mais elle est au contraire consubstantielle au christianisme et ce dès ses origines.
Par ailleurs un récent post sur le forum avait déjà évoqué la question de la traduction moderne (et fausse) du fameux "Allez, et de toutes les nations faîtes des disciples", alors qu'une meilleure traduction serait "enseignez toutes les nations...".
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