C'est moi qui vous remercie en l'occurrence, puisque vous me donnez l'occasion de corriger une erreur, due au fait que j'avais un peu écrit à la hâte (et de mémoire), dont témoignent aussi à perpétuité deux charmantes fautes d'accord du participe passé (et peut-être autre chose encore) que vous aurez sûrement remarquées.
sauf l'empereur "évidemment" (j'aurais plutôt tendance à dire "paradoxalement" étant donné que l'archiduc, historiquement, c'est le prince Habsbourg régnant : archiduc d'Autriche, roi et électeur de Bohème, roi de Hongrie etc. et incidemment empereur des Romains).
Vous avez bien entendu raison.
J'aurais dû préciser que je parlais du titre primaire et pas de titres subsidiaires ou subalternes. Il va de soi que de ce chef l'Empereur est et reste aussi Archiduc d'Autriche, c'est un de ses fiefs principaux ! Mais on ne s'adresse pas à lui comme à un archiduc.
J'avais connaissance du titre de Kronprinz en Prusse mais j'ignorais qu'il existait aussi en Autriche.
Les quatre royaumes allemands (Prusse, Saxe, Bavière, Wuerttemberg) ont tous un
Kronprinz ; en deça des royaumes on parle de
Erbprinz. Celui de Prusse est depuis 1871 aussi prince héritier de l'Empire allemand (
Kronprinz des Deutschen Reiches und von Preußen).
Concernant les mariages morganatiques, s'il est évident que, tout baptisés, que nous sommes, nous sommes des êtres charnels évoluant dans des milieux humains qui font que le mariage obéit logiquement le plus souvent à une certaine logique d'endogamie sociale, ne trouvez vous pas que les dévaloriser par principe (quand bien même on se résout à en admettre la validité) est anti-chrétien au sens où on entrave la liberté de deux enfants de Dieu à se donner le sacrement du mariage, ce pour des motifs mondains de rang social ?
C'est une question très difficile. Il n'y a pas vraiment entrave, puisque le mariage n'est pas interdit, il est déconseillé, et il importe, s'il se fait, pour une certaine classe de personnes toute une série d'inconvénients majeurs.
Faut-il balayer sous prétexte de la liberté individuelle toute une série de traditions multiséculaires qui ont fait leurs preuves ? Je ne le crois pas. Il y a le bien commun à considérer, la stabilité du régime, les structures sociales, le poids de l'histoire, et cela prime, à mon avis, le cas échéant sur le bonheur de l'individu. Les restrictions faites à l'archiduc Franz-Ferdinand et son épouse ne valaient que pour l'Autriche, pas pour la Hongrie et pour la Bohème. La duchesse de Hohenberg aurait ainsi pu devenir, non pas Impératrice et Archiduchesse, mais bien Reine de Bohème et Reine apostolique de Hongrie ; c'est Franz-Ferdinand lui-même qui, à son mariage, a exclu cette possibilité, en acceptant les restrictions dynastiques pour l'ensemble de l'Empire, pour ne pas mettre en danger la stabilité constitutionelle. Un acte courageux et sans doute douloureux de responsabilité et de grandeur d'âme.
Quand on est placé par la Providence sur un lieu exalté, les responsabilités sont autres que quand on est le fils du boucher. Il y a d'autres exigeances, d'autres expectations, d'autres devoirs et il y aura un autre Jugement.
Le personnage de Franz-Ferdinand, un bon père de famille et époux fidèle (pas d'affaires !), catholique fervent et antilibéral en questions de doctrine, m'a toujours inspiré un immense respect.