"La seule faiblesse du Concile" et "Les gens peuvent raconter ce qu'ils veulent" par Scrutator Sapientiæ 2015-09-07 07:16:49 |
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Bonjour et merci, Signo.
Je vous cite : "La seule faiblesse du Concile, à mon sens, est d'avoir cru qu'il était désormais possible de diffuser la Vérité en se fondant sur la conception optimiste de l'homme qui prévalait à l'époque."
Admettons un instant vous et moi qu'il s'agisse là de "la seule faiblesse du Concile", ou plutôt de celle qui a entraîné toutes les autres : vous en conviendrez, je le crois, cette seule faiblesse n'est pas une "petite"" faiblesse, et je me demande jusqu'à quel point elle n'a pas une origine "pneumatologique" : jusqu'à quel point les Papes et Pères du Concile ont-ils cru que l'esprit du monde contemporain était, depuis peu, ou désormais,
- plus apposé qu'opposé à l'Esprit de Dieu,
- plus une "dérivation" de l'Esprit de Dieu, qu'en "rivalité" face à l'esprit de Dieu ?
Je vous cite à nouveau : "Les gens peuvent raconter ce qu'ils veulent" ; si ces gens sont des évêques, qui soumettent le Magistère conciliaire et le Magistère post-conciliaire à édulcoration ou à escamotage, les textes ont beau être là, et la réalité du Concile a beau être facile à appréhender, cela ne change pas grand chose à l'affaire, car ces textes et cette réalité sont alors circonvenus ou opacifiés.
Pensons un instant à l'influence de l'encyclique de Paul VI Ecclesiam suam (1964), qui n'est certes pas un document conciliaire au sens strict, sur le déroulement de la troisième et de la quatrième session du Concile ; pensons aussi au fait que Paul VI, par prudence, n'a pas souhaité que le Concile se prononce sur les sujets qui ont donné lieu à ses encycliques sur le célibat sacerdotal et sur le mariage et la régulation des naissances ; pensons enfin à son encyclique Mysterium fidei, publiée entre les deux dernières sessions du Concile, et à la "réception" de ces trois encycliques, au sein même de l'Eglise catholique.
Pensons à tout cela, et nous verrons peut-être un peu moins mal "ce qui n'a pas marché", à Vatican II : pendant des siècles, l'Eglise-institution a insisté, un peu trop d'ailleurs, parfois, peut-être, sur le "sur-moi" hétéronomique des Eglises-communautés ; et puis, d'un seul coup, ou presque, les hommes d'Eglise placés à la tête de l'institution se sont mis à insister davantage, et, là aussi, "un peu trop d'ailleurs, parfois, peut-être," sur les aspects "libérateurs", plutôt que sur les aspects "instituants", du christianisme catholique ; je ne suis pas sûr que nous soyons sortis des conséquences de ce qui est un peu plus qu'un "déplacement de l'accent tonique"...
Bonne journée et à bientôt.
Scrutator.
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