Je crois... par Signo 2014-12-30 14:28:03 |
|
Imprimer |
...que vous ne m'avez pas compris en effet.
PRIMO: Par mouvement liturgique, je n'entends pas la demi-douzaine d'experts dont la moitié étaient cinglés qui entouraient Bugnini; j'entends le vaste mouvement de redécouverte de la liturgie romaine authentique et du chant grégorien initié au milieu du XIXe siècle par Dom Guéranger, les moines de Solesmes, poursuivi par les initiatives de Saint Pie X et qui a trouvé son aboutissement dans le Concile Vatican II. Evidemment, certains ici vont de nouveau crier d'horreur (ou ricaner stupidement) quand j'associe Pie X et le Concile, mais c'est un fait que Sacrosanctum Concilium mentionne le grégorien comme devant occuper la première place dans la liturgie, ce qui est bien l'accomplissement de ce mouvement dont le saint Pape a été l'un des acteurs clés. (Est-ce nécessaire de rappeler que le Concile de Trente ne mentionne pas le grégorien? Et pour cause...)
Dans ses Mémoires, le R.P. Louis Bouyer (un homme souverainement intelligent, et d'autant plus attaché à la Tradition de l'Eglise qu'il est un converti issu du protestantisme) évoque les excellentes intuitions de ce mouvement liturgique, et comment elles ont été perverties par les imbéciles tels que Bugnini qui en ont profité pour tout gâcher, conduisant à la catastrophe où nous sommes... D'où la nécessité de reprendre ces excellentes intuitions pour amener un vrai progrès dans les deux formes du rite romain actuel.
SECUNDO:J'ai bien compris que "vous n'êtes pas des abbayes", c'est pour cela que j'ai écrit "dans la mesure du possible"... C'est un fait que les monastères ont mieux compris que les autres (j'assume!) ce qu'est la liturgie romaine authentique, car ils vivent séparés du monde et sont donc beaucoup moins soumis aux diverses influences mondaines qui ont peu à peu déformé l'esprit dans lequel elle est célébrée (individualisme religieux, baroque, romantisme, tiers-mondisme... et j'en passe). Je vais de nouveau heurter de plain front les certitudes de certains, mais la liturgie telle qu'elle est célébrée par la FSSPX, la FSSP et surtout l'ICRSP est marquée, comme je l'ai déjà dit par un decorum hérité du XIXe siècle plus pompeux que véritablement liturgique, et en tout cas pas traditionnel du tout (exemple: l'usage de la chasuble en "boîte à violon"...c'est un détail mais révélateur), decorum qui n'existe pas dans les monastères; il faut donc s'inspirer de la manière dont ils vivent la liturgie, ce qui ne veut pas dire imiter servilement...
J'ajoute que le décorum dont je parle choque énormément de fidèles aujourd'hui(et pas seulement des progressos), et cela les conduit, en mélangeant tout, à rejeter en bloc la liturgie traditionnelle, alors qu'ils pourraient l'apprécier si on la débarrassait dudit decorum. Comment peut-on être crédibles en parlant de liturgie aujourd'hui et utiliser la cappa magna? C'est impossible. Cet attribut est hérité d'une époque où le haut-clergé adopta les habitudes des cour monarchiques. Peut importe que certains "tradis" soient nostalgiques de ce cérémonial (grotesque) d'un autre âge. Ce ne sont pas les sensibilités et les préférences particulières qui doivent être prises en compte, mais ce qui est vraiment liturgique, c'est à dire ce qui a un sens profond et qui porte à la prière.
TERTIO: Le fait que de plus en plus de jeunes prêtres redécouvrent le rite de St-Pie V est une excellente chose, qui va dans le bon sens.
QUARTO: Vous ne semblez pas comprendre que beaucoup de fidèles, et encore une fois pas forcément progressistes, ne veulent pas du rite de St-Pie V. Ils n'en veulent pas! Alors que fait-on? On les excommunie? On les ignore? Ou bien on encourage la célébration du rite de 1969 dans un esprit d'herméneutique de continuité comme ICI, ICI ou bien ICI?
QUINTO: Personne ne vous demande de renoncer à la forme extraordinaire. Par contre il serait souhaitable de se laisser "déranger", de ne pas rester enfermés dans une vision sclérosée de la liturgie (vision qui n'a jamais été celle de l'Eglise), de savoir faire la part des choses, c'est à dire garder ce qui a une valeur réelle, et se débarrasser de ce qui encombre. Je sais que actuellement, tout part tellement à volo que vous avez besoin de stabilité. Mais le problème ne se posera pas dans les mêmes termes dans 50 ans ou dans un siècle, lorsque la Tradition commencera vraiment à refleurir (pour paraphraser Mgr Lefebvre...). C'est à ce moment là qu'il va falloir être intelligent et ne pas s'accrocher à des éléments qui n'ont pas lieu d'être...
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|