la crise liturgique a atteint un niveau de radicalité extrême seulement en France. Ailleurs, les abus ont existé, parfois même ils ont été nombreux, mais globalement les dégâts ont été limités dans le temps et dans l'espace
Voilà une phrase qui essaye de noyer le poisson et qui est pleine de contradictions. Les abus auraient été nombreux ailleurs, mais pas tant que cela ? Finalement il n'y aurait qu'en France qu'il y aurait eu une radicalité ? Les dégâts seraient limités dans le temps ailleurs, laissant entendre que c'est terminé ? Et pourtant, des abus existent dans bien d'autres pays encore aujourd'hui. Il n'est pas le fait de petits vicaires, mais des membres les plus élevés dans la hiérarchie. Certes, il serait injuste de tout résumer à ceci, mais laisser entendre, comme vous tentez de le faire, qu'ailleurs c'est la rectitude qui demeurerait, cela devient franchement peu honnête. Des cardinaux, non des moindres, ont donné l'exemple.
Le cardinal
Schönborn est-il français ?
Non, autrichien.
Le cardinal
Bergoglio était-il français ?
Non, argentin.
Le cardinal
Braz de Aviz est-il français ?
Non, brésilien.
Le cardinal
Sistach est-il français ?
Non, espagnol.
Le cardinal
Mahony est-il français ?
Non, américain
Le cardinal
Maradiaga est-il français
Non, guatémaltèque
Il me semble que vous avez là un tour du monde assez triste mais assez symptomatique. Il ne résume pas tout, fort heureusement, mais il empêche de dire, comme vous le faites, que le problème serait limité à l'étranger, que les graves abus liturgiques se limiteraient essentiellement à la France.
Ces
messes là ne sont pas des initiatives spontanées. Elles sont cautionnées par des princes de l'Eglise. Il me semble que ce n'est pas pour rien qu'on se lamente du travail fait par Mgr Piero Marini sur ce forum. Il a été Maître des célébrations liturgiques de Jean-Paul II pendant plus de 20 ans. Et tout compte fait, on peut même dire que les Français (cardinaux Lustiger, Decourtray, Billé, Eyt, etc.) ne furent pas les pires en la matière.
Il faut noter qu'on ne parle même pas ici des abus habituels (communion dans la main, femmes faisant les lectures, postures des prêtres négligées), on parle vraiment des pires abus. On ne parle pas non plus de la déficience du nouvel offertoire ni des traductions ambiguës du rite lui-même.