Mariton et Maillote par le torrentiel 2013-02-10 16:40:18 |
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Cher Meneau,
Je profite de votre poste pour poster celui-ci, que je ne puis poster en commentaire sur le blog de notre coliseur d'Yves daoudal:
Non seulement cette mise au point de l'épouse de M. Mariton, est la bienvenue, mais, pour avoir suivi les débats au cours de la nuit qui a suivi la publication de cet article de M. daoudal, puisant ses sources auprès du journal de Mme Anne sinclair, M. Mariton a récidivé et a bien fait. Le gouvernement et la Commission des lois avaient en effet, profité de la discussion sur ce projet de loi portant "l'ouvertuure au mariage aux personnes de même sexe" pour abroger une disposition propre à Maillote et qui permettait de protéger les femmes d'unions polygames, dont les époux pourraient souhaiter bénéficier des allocations familiales au titre d'un enfant qu'ils auraient à charge, allocations auxquelles ils pourront désormais prétendre, au titre de ce projet de loi, pourvu qu'ils soient les premiers à en faire la demande. M. Mariton a voulu s'opposer à cette précarisation des femmes d'unions polygames au nom du même principe d'indivisibilité républicaine, qui ne peut pas appliquer à Maillote, des procédures d'affectation des allocations familiales différentes de celles du reste du territoire. Le groupe socialiste s'est opposé à cette défense des faibles assurée par M. Mariton, oppposition qui, ne récidivant pas à voter l'amendement de M. Mariton à l'unanimité, peut suffire, étant donné la matière sur laquelle celui-ci portait, à rendre inconstitutionnel ce projet de loi mal rédigé, comme le dit Mme Mireille Régnier. Mais on pourra encore imputer comme faute à M. Mariton d'avoir condamné la russie pour les mesures de discrimination à l'adoption qu'elle veut prendre à l'encontre de la france qui veut légaliser "le mariage homosexuel". On pourra même lui reprocher d'avoir voulu faire voter un amendement favorable à la protection des ressortissants français homosexuels dans les pays où l'homosexualité est encore pénalisée et parfois sévèrement. En tout cela, M. Mariton a défendu les plus faibles, et je ne vois pas qu'on puisse lui en faire grief, sauf à soutenir qu'on veut "la mort du pécheur" et que les homosexuels ne doivent bénficier d'aucune protection, dans des pays que cette législation française pourra exciter contre leurs pratiques. On ne peut pas non plus faire reprocher à M. Mariton d'être un député républicain conséquent, sauf si on pense qu'il est intrinsèquement impossible à un catholique d'être également républicain, par conviction ou ralliement. Pour ma part, plus démocrate que républicain (au sens helvétique et non américain du terme, dont j'aimerais bien qu'il devienne aussi le sens français) je persiste à me reconnaître davantage dans la position de M. le fur, qui a proposé que le mariage religieux ne soit plus subordonné au prononcé d'un mariage civil, ce qui me paraît consommer la logique de séparation et d'autonomie des sphères religieuses et civiles, logique qu'on peut contester, mais qui est installée dans les faits par la sécularisation laïque, et qui me paraît une clarification salutaire des rapports entre l'eglise et l'etat: "que votre oui soit oui, que votre non soit non". Si l'eglise oscille entre le "oui" et le "non", c'est parce qu'elle veut rester"du monde" et croire à cette chimère qu'est la Royauté social de NSJC, Qui a amplement Dit Lui-même que "son royaume n'est pas de ce monde", même si des commentaires de seconde et de longue main ont pu faire une exégèse très savante pour détourner ce propos du christ de son sens originel évident. Que si l'on m'objecte qu'un mariage religieux doit entraîner des effets civils, je répondrai qu'il y a deux manières de contourner le problème: à moyen terme, on peut revenir au contrat de mariage pour les époux catholiques; mais à plus long terme, une "séparation à la loyale" du mariage religieux et du mariage civil pourra, les liens de l'hypocrisie s'étant relâchés, permettre à une véritable "laïcité positive" d'exister, et au pouvoir civil de reconnaître le caractère institutionnel des engagements religieux des laïcs. Je sais, on peut me traiter de doux rêveur, mais la politique est plus simple quand elle est loyale que quand elle se cache derrière des principes que plus personne ne comprend, et derrière ce que je n'hésite pas à appeler un "totalitarisme naturaliste", voire physiologique.
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