Les autres religions ne sont pas "semences du verbe". par Scrutator Sapientiæ 2012-07-12 00:54:54 |
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Rebonsoir à Vianney,
1. Vous renvoyez à un texte de Jean-Paul II qui fait référence, une fois de plus, "aux semences du Verbe" ; je me permets donc cette petite précision.
2. Je cite la Revue Thomiste de janvier - juin 2006, à la page 270 :
" une exégèse attentive des textes de Justin conduit plutôt à voir dans la "semence du Verbe" la raison naturellement implantée en chaque homme, participation partielle à cette raison totale qu'est le Verbe divin, et sur laquelle la réflexion philosophique, illustrée par Socrate et les stoiciens, a pu fonder sa recherche du vrai et du bien, A L'ENCONTRE DES RELIGIONS PAIENNES, AU CONTRAIRES PERCUES COMME INSPIREES PAR LE DEMON. "
3. Chacun rendra ses comptes en fonction des lumières qu'il aura accepté de recevoir, suis-je tenté de préciser, à la suite de la dernière ligne de votre message.
4. Il est vrai que dans l'Eglise catholique contemporaine, la vérité objective en matière de religion est presque toujours perçue comme ne devant en aucun cas, à aucun prix, être génératrice de blocages ou de clivages, de contradictions ou de contrariétés, de dérangements ou de désagréments, et encore moins de dissensions ou de divisions, entre les croyants chrétiens et les croyants non chrétiens.
5. Elle s'expose ainsi au risque de n'être plus perçue que dans le cadre d'une présentation minimale, accueillante et consensuelle sur presque tout, controversiste ou discriminante sur presque rien.
6. Peut-être à tort, je vois venir le jour, si ce n'est déjà fait, où des évêques nous diront, le plus sérieusement du monde : "le catholique qui n'adhère pas à l'esprit d'Assise manque donc de charité envers les croyants non chrétiens et d'estime envers les religions ou traditions non chrétiennes ; il n'est donc pas digne de porter le nom de chrétien".
7. En dehors d'une élucidation intellectuelle et d'une interpellation de nos évêques, à temps et à contre-temps, en espérant que telle ou telle remarque, pleine de diplomatie et de pédagogie, finira par être écoutée, sinon entendue, je ne vois pas, pour l'instant, de remède à cet état d'esprit qui constitue, n'en déplaise, éventuellement, à Benoît XVI, l'anti-chambre de l'indifférentisme, du relativisme et du subjectivisme en matière de religion.
8. "Si vous croyez en Dieu, Père, Fils, Esprit, c'est très bien ainsi ; si vous dites "croire" en "Dieu", dès lors que vous êtes à la fois respectueux des autres et sincère en vous même, c'est à peine moins bien, sinon très bien aussi" ; mon Dieu, quelle régression de l'esprit, et surtout, quelle éviction, en dehors du champ de la Foi, de la question la plus fondamentale : "c'est vrai ou c'est faux, ce que je crois ? Et si c'est vrai, ce que je crois, ce que croient les croyants non croyants, et qui est non seulement différent de la Foi, mais aussi contraire à la Foi, n'est-il pas, à tout le moins, plus ou moins faux ?"
Bonne nuit.
Scrutator.
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