-+IHS+-
de faire porter au Bon Dieu le poids de votre malaise, alors que certainement cette étrange "paire de bottes de méfiance" est acquise et surement pas innée.
Pourriez-vous, accepteriez-vous (pour vous même en votre fort, pas à haute voix ici sur un forum) réfléchir sur le point de savoir ce qu'il y a de si mal à ce qui vous fait si peur ?
Votre éducation vous en a convaincu ?
Et alors ? Vous seriez bien le premier -à part Notre Seigneur-, a être né de parents parfaits...
Vous êtes dégoûté par le monde comme il va ?
Hé bien vous avez raison et vous n'êtes pas le seul.
Mais les époux ne sont pas des acteurs de porno !
Votre façon de voir n'est pas très catholique, et les papes ont condamné à plusieurs reprises ces idées qui gâchent la vie de tout le monde : celle des épouses certainement, mais celle des maris encore plus certainement, car non seulement ces hommes ne sont pas heureux en ménage, mais en plus un jour ou l'autre ils ont envie de savoir ce qu'il en est quand on fait les choses en grand. Et toute la famille souffre car cet amour est un lien puissant, croyez en mon expérience de 38 ans (c'est pas rien).
Les cathares ont été condamnés, évidemment, et Port Royal et d'autres que je ne connais plus.
On a vite fait, si l'on voit les choses comme vous et qu'on en reste là, de brûler d'un orgueil sans limite. Il suffit de rester abstinent (et non pas chaste, ce que sont les époux qui s'aiment selon la volonté de Notre Père) et la tête vous tourne là haut, très loin au dessus du
vulgus pecus qui copule et engendre. Au niveau des anges, en quelque sorte.
Mais nous ne sommes pas des anges !
Non seulement nous sommes faits de chair et de sang, mais encore devons-nous assurer la continuité de notre race et transmettre par cette même chair et ce même sang cette même chair et ce même sang : la chair dont Dieu Lui-même n'a pas dédaigné s'envelopper, le sang que Dieu Lui-même a voulu verser pour nous "
et propter nostram salutem" . Dieu a besoin de nous. Il nous a créer dans un but que nous ne comprenons pas complétement, mais Lui, Il sait.
Ceci dit, si mes souvenirs sont exacts, vous êtes jeune, et encore célibataire. Vous ne connaissez pas la joie qu'il y a à "satisfaire" celui ou celle que l'on aime et que Dieu nous a donné "à aimer et à chérir, honorer et servir". Satisfaire, après tout, n'est-ce pas nourrir à satiété ? Voyez l’Épitre de St Paul aux Ephésiens, Ch. 5 ; celle qui fait hurler les féministes.
Mais un jour vous rencontrerez votre Cassandra Salviati.
J’espère seulement pour vous que contrairement à la belle de Ronsard, ou à la Béatrice de Dante, votre Cassandre sera libre de vous épouser et décidée à le faire. Le dernier point pourrait dépendre de vous, non ? Je vous souhaite d'être heureux, d'être fécond, et de l'être de la manière que le Bon Dieu envisage pour vous, y compris en dehors du mariage qui n'est pas obligatoire.
De Pierre de Ronsard pour Cassandre (et pour Paul R. de ma part)
Quand au temple nous serons
Agenouillez, nous ferons
Les dévots selon la guise
De ceux qui, pour louer Dieu,
Humbles se courbent au lieu
Le plus secret de l'Eglise.
Mais quand au lict nous serons
Entrelassez, nous ferons
Les lassifs selon les guises
Des amans qui librement
Pratiquent folastrement
Dans les draps cent mignardises.
Pourquoy donque, quand je veux
Ou mordre tes beaux cheveux,
Ou baiser ta bouche aimée,
Ou toucher à ton beau sein,
Contrefais-tu la nonnain
Dedans un cloistre enfermées?
Pour qui gardes-tu tes yeux
Et ton sein délicieux,
Ton front, ta lèvre jumelle?
En veux-tu baiser Pluton
Là-bas, après que Charron
T'aura mise en sa nacelle?
Après ton dernier trespas,
Gresle, tu n'auras là-bas
Qu'une bouchette blesmie:
Et quand mort je te verrois,
Aux ombres je n'avouerois
Que jadis tu fus m'amie.
Ton test n'aura plus de peau,
Ny ton visage si beau
N'aura veines ny artères:
Tu n'auras plus que les dents,
Telles qu'on les voit dedans
Les testes des cimeteres.
Donque, tandis que tu vis,
Change, maistresse, d'avis,
Et ne m'épargne ta bouche:
Incontinent tu mourras,
Lors tu te repentiras
De m'avoir esté farouche.
Ah! Je meurs! Ah! Baise-moy!
Ah! Maistresse, approche-toy!
Tu fuis comme un fan qui tremble:
Au moins souffre que ma main
S'esbate un peu dans ton sein,
Ou plus bas, si bon te semble.
Les meslanges (1555)