Ce que vous n'avez toujours pas réfuté par Réginald 2026-09-08 17:28:21 |
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Merci de ne pas dévier le débat vers TC ni vers les canons de Trente sur la justification, et de rester sur le problème qui nous occupe.
Vous écriviez qu’à la messe « on n’offre rien de créé », puisque, après la consécration, le pain et le vin n’existent plus substantiellement. Or cela ne répond pas à ce qui se passe avant la consécration, précisément à l’offertoire.
Et il ne s’agit nullement ici d’une interprétation progressiste de la messe, mais de la théologie la plus traditionnelle. Un article récent de Claves, publié par un prêtre de la FSSP et consacré précisément à « l’offrande du pain et du vin », explique que l’offertoire manifeste « le lien étroit entre l’offrande des fidèles et le sacrifice eucharistique ». À propos du Suscipe sancte Pater, il précise que « le pain [est] offert en vue du sacrifice » et qu’il est déjà désigné comme « hostie immaculée », ce qui exprime « la demande d’identification du sacrifice naturel de l’homme avec le sacrifice du Christ ».
Même chose pour le calice : le texte parle de « notre sacrifice naturel » appelé à être « converti et englobé dans l’offrande salutaire du Christ ». Et, à propos du Veni sanctificator, il résume encore le sens de l’offertoire : il s’agit de demander « que le sacrifice de l’homme soit rendu acceptable à Dieu par son intégration dans l’offrande du Christ ».
C’est exactement ce que je vous dis depuis le début : il ne s’agit pas d’opposer l’offrande de réalités créées au sacrifice du Christ, mais de comprendre comment la première est assumée, convertie et accomplie dans le second.
Pour le dire plus simplement : à l’offertoire, l’homme dépose entre les mains du Christ les dons qu’il a reçus de la création, le pain et le vin. À la consécration, ces dons ne demeurent pas comme une offrande parallèle : ils deviennent sacramentellement le Corps et le Sang du Christ, de sorte que l’offrande des dons créés trouve son accomplissement dans l’unique offrande du Christ au Père.
C’est également ce qu’explique Jungmann, l’un des grands spécialistes de l’histoire de la liturgie romaine :
« Le mouvement vers Dieu par lequel sont offerts le corps et le sang du Seigneur commence donc aussi à se communiquer aux réalités matérielles ; ces offrandes prennent place dans l’action liturgique.
Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957.
Et, à propos de saint Hippolyte :
« Non seulement le pain et le vin que les diacres apportent à l’évêque avant l’Eucharistie sont déjà nommés oblatio [...] mais [...] les fidèles eux-mêmes [...] “présentent” leur offrande pour l’eucharistie. »
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