Vous écriviez : « Le panenthéisme y est clairement affirmé, car non, l’Eucharistie n’a pas pour but d’offrir la création de Dieu à travers le Christ, mais bien le Christ même en propitiation pour nos péchés. »
Mais les deux propositions ne s’excluent nullement.
Le Canon romain dit explicitement :
de tuis donis ac datis :— « parmi les biens que vous nous avez donnés » :
« Nous vous présentons, Dieu de gloire et de majesté, cette offrande prélevée sur les biens que vous nous donnez, le sacrifice pur et saint, le sacrifice parfait, pain de la vie éternelle et calice du salut. »
Saint Irénée exprime déjà cette dimension. Dans
Contre les hérésies IV, 18, 4, il écrit que l’Église offre à Dieu « les prémices de ses propres créatures » et qu’elle « offre au Créateur, avec action de grâce, les choses prises de sa création ».
Et en IV, 17, 5, il rattache explicitement cela à l’Eucharistie : le Christ prend « cette chose créée, le pain », puis la coupe, elle aussi tirée de la création, et enseigne ainsi « la nouvelle oblation de la nouvelle Alliance ».
Il ne s’agit donc nullement de substituer l’offrande de la création au sacrifice du Christ : les dons de la création sont assumés dans l’offrande eucharistique du Christ et, en lui, rapportés au Père. C’est l’inverse du panenthéisme, puisque le Créateur et la création y demeurent nettement distingués.