[réponse] par Réginald 2026-07-24 07:44:48 |
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Je crois que notre divergence tient à la manière dont nous qualifions moralement l'acte.
Dans la tradition thomiste, la moralité d'un acte se déduit de trois éléments : son objet, sa fin et ses circonstances. Comme Meneau l'a rappelé, on peut accepter un effet mauvais afin de préserver un bien supérieur, mais seulement sous des conditions très strictes.
Ainsi, dans le cas de la légitime défense, il n'est jamais permis de vouloir en soi la mort de l'agresseur. Si un milicien vient m'interroger à mon domicile pour savoir si je cache des Juifs, cela ne me donne évidemment pas le droit de lui tirer dessus. Il faut que ma vie ou celle d'un innocent soit effectivement menacée, et que la riposte soit nécessaire, immédiate et proportionnée. Ce sont d'ailleurs les critères retenus également par notre droit civil.
La légitime défense n'est donc pas analysée comme un acte dont l'objet moral serait « tuer », mais comme un acte de défense contre une agression injuste. La mort de l'agresseur peut être un effet prévu, parfois inévitable, sans être ce qui spécifie moralement l'acte. C'est tout le sens du principe du double effet.
Le mensonge est d'une autre nature. Son objet moral consiste précisément à affirmer volontairement ce que l'on croit faux afin de tromper son interlocuteur. Ici, la fausseté n'est pas un effet secondaire de l'acte : elle en constitue l'objet même.
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