Une différence d’accent par Signo 2025-12-25 20:46:32 |
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… n’est pas opposition.
Comme je l’ai dit dans mon message précédent, Épiphanie et Théophanie célèbrent le même mystère, celui de la manifestation de Dieu dans l’histoire des Hommes à travers le Christ. La Théophanie orientale insiste davantage sur ce mystère tel qu’il s’exprime à travers le Baptême dans le Jourdain, l’Epiphanie occidentale elle célèbre le même mystère mais tel qu’il s’exprime à travers l’adoration des Mages.
On retrouve cette célébration d’un même mystère avec des accents différents et selon des modalités différentes avec la Dormition et l’Assomption.
Cette richesse théologique est toujours présente dans notre tradition comme le prouvent les trois pièces liturgiques de la solennité de l’Epiphanie que j’ai mentionné. Certes nous l’avons perdue de vue nous autres Latins, raison de plus pour rappeler cette richesse aujourd’hui.
Vous réaction est bien curieuse: mon titre n’avait pas pour but de « gonfler l’audience » mais de pointer une inexactitude factuelle de votre part, à savoir le fait que Théophanie et Épiphanie ne seraient pas équivalentes dans les deux traditions orientale et occidentale, ce qui est inexact. J’ai bien dit équivalentes (dans le sens où les deux fêtes célèbrent le même mystère), je n’ai pas dit identiques.
Oui la tradition latine est en décadence, et oui le phénomène est bien plus ancien que la réforme de 1969 (mais sans remonter non plus à Charlemagne!), mais il s’avère que ce forum est consacré à ceux qui sont attachés à la tradition latine traditionnelle. Si vous y intervenez, c’est donc que vous êtes sensé manifester au moins un certain intérêt à son égard. A moins que vous ne considériez les échanges ici comme devant aller à sens unique, vous comme enseignant, nous comme sommés d’écouter sans discuter… la tradition latine a ses richesses et ses caractéristiques propres, qui n’ont rien à envier à ses équivalentes orientales lorsqu’elle est fidèlement mise en œuvre.
Votre comparaison entre la réforme de Bugnini et les réformes de Charlemagne est intéressante mais a ses limites : oui la politique liturgique de l’empereur a fait disparaître de nombreuses richesses dont l’ancien rite des Gaules. Mais une réforme décidée par le pouvoir temporel qui obéit nécessairement à des logiques autres que spirituelles, ne peut être comparée à une réforme décidée par l’autorité ecclésiastique qui a pour mission de garder fidèlement les richesses liturgiques traditionnelles de l’Eglise, et non de les brader. Par ailleurs remplacer une liturgie traditionnelle par une autre (ce qui a existé aussi en Orient, notamment avec le rite… byzantin!) quitte d’ailleurs à provoquer des phénomènes de métissage, n’est pas la même chose que d’interdire une liturgie traditionnelle pour la remplacer par une néo-liturgie artificielle fabriquée par des experts.
Vous parlez à un Latin admirateur de la tradition orientale en général et byzantine en particulier…
Saint et Joyeux Noël à vous
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