Effectivement par Lycobates 2025-06-30 15:02:45 |
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Je reprends un peu en résumant ce que j'ai pu écrire ici il y a quelques années déjà.
La théologie grecque, pointue et pointilleuse, à l'occasion à l'esprit cavillateur et sophiste, distinguant de façon brillante et formulant avec acuité et finesse (la langue grecque s'y prête magnifiquement), notamment dans le domaine de la théologie trinitaire et christologique, et tellement méritoire pour l'Église et la définition du dogme aux premiers siècles, semble s'en être quelque part épuisée. Ce qui a suivi, n'est que rarement à la hauteur, on dirait que la force d'esprit et la force d’âme de la théologie orientale se sont asséchées, surtout après Saint Jean Damascène, qui, si l'on veut, clôt la série avec une très belle Somme de la théologie en grec. Ajoutons encore le Studite, et c'est quasiment fini, bien loin avant 1054 ou 1453.
La théologie byzantine n'a guère plus d'attrait en général que certaines parties plus arides, qui existent, du Moyen Âge occidental. Exception faite pour Nicétas Stéthatos, Démétrius Cydonês et quelques autres.
Pour certains chapitres de la théologie, que les Pères de l'époque des controverses christologiques et trinitaires n'ont pas abordés ou peu, ou de façon erratique ou seulement circonstancielle, mais qui sont devenus de prime importance pendant les siècles suivants, et le sont restés jusqu'à nos jours : la théologie morale, l'ecclésiologie et la sacramentologie, l'Orient est quasiment nul. Il n'a pratiquement rien donné et n'y a presque rien à dire.
Il est vrai que le schisme leur a valu nécessairement le retrait de l'Esprit et de l'assistance divine aux chefs de leurs communautés, aussi dans le domaine théologique et sacramentel, ce qui n'est pas resté sans conséquences (voyez, pour des cas extrêmes, les Coptes et certains Syriaques).
Saint Thomas d'Aquin était certes lu en Orient, et apprécié par certains, les plus lucides. Et il y avait aussi un courant aristotélicien chez les Byzantins. Je ne citerai pas Bessarion, que tout le monde connaît, mais Démétrius Cydonês, certes latinophile lui aussi, qui traduisit la Somme contre les Gentils entièrement en grec (et il écrit un beau grec) et aussi la Ia, une grande partie de la I-IIae et toute la IIa-IIae de la Somme de théologie. Ce n'est pas rien. Chose remarquable: même un anti-latin farouche comme Gennade Scholarios (le premier “patriarche” de Constantinople sous les Ottomans) et qui était aristotélicien, pas du tout un rêveur platoniste (on sous-estime en général gravement les désastres causés par le platonisme théologique au cours de l'histoire de l'Église), a lu et traduit Saint Thomas.
Mais il faut se rendre à l'évidence: la théologie grecque, si brillante pour les questions christologiques et trinitaires, s'est beaucoup appauvrie par après, et paraît devenue souvent défectueuse, pour ne pas dire dans certains cas nulle, en tout cas souvent désorganisée, contradictoire, chaotique, mystifiante.
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