Non, je ne crois pas par Lycobates 2024-11-12 22:31:09 |
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L'intention requise pour la validité d'un sacrement n'est pas de croire ce que croit l'Église, ni même de vouloir ce que veut l'Église, mais simplement de faire ce que fait l'Église.
Le simple fait donc de célébrer la Messe, les Saints Mystères, la Divine Liturgie, selon les livres approuvés, avec sérieux et application, suffit (ordres valides supposés, bien sûr).
Une pure application externe suffit.
Saint Thomas l'explique bien (Summa Theol. III, q. 64, art. 8 ad 2) :
minister sacramenti agit in persona totius Ecclesiae, cuius est minister ; in verbis autem quae proferuntur, exprimitur intentio Ecclesiae ; quae sufficit ad perfectionem sacramenti, nisi contrarium exterius exprimatur ex parte ministri et recipientis sacramentum.
ou bien :
le ministre du sacrement agit comme représentant de l'Église tout entière dont il est le ministre; les paroles qu'il prononce expriment l'intention de l'Église, qui suffit pleinement à l'accomplissement du sacrement, pourvu que ni le ministre ni le sujet ne manifestent extérieurement une intention contraire.
Je l'ai déjà écrit ici :
La Providence a manifestement voulu que les sacrements de la Nouvelle Alliance fussent autant que possible préservés de la mainmise de l'homme. Il fallait que leur validité fût assurée aussi largement possible, à condition toutefois que soient réunis ministre idoine voulant faire ce que fait l'Église, ainsi que forme et matière correctement appliquées par lui, comme causes instrumentales. La cause efficiente en étant Dieu seul. Il fallait en revanche aussi qu'aucun élément subjectif ne pût se substituer à ces trois réalités objectives formant la cause instrumentale.
Vous connaissez bien l'exemple extrême, parfois même repris dans nos catéchismes de paroisses, du baptême conféré in extremis par un musulman ou un bouddhiste à un ami mourant qui le lui demande. Le musulman n'y croit bien sûr pas, il le fait par charité, pour faire plaisir à son ami. Il n'a pas la foi de l'Église, il s'en moque peut-être même, il n'a pas l'intention de contribuer à l'oeuvre sanctifiante de l'Église, de conférer une grâce, comme l'entend l'Église, grâce qu'il ignore peut-être, ou en laquelle il ne croit pas. Mais, pour son ami, il veut bien faire ce que fait l'Église, pas croire ce que croit l'Église, pas entendre ce qu'entend l'Église, mais faire ce que fait l'Église. Poser l'acte physique que pose l'Église. Le minimum minimorum. Et il pose l'acte, physique : il fait l'infusion en disant les paroles que son ami lui avait indiquées comme nécessaires, et le baptême se fait, le sacrement est réalisé, et il a conféré la grâce (in actu secundo) à celui qui n'y pose pas d'obstacle.
Aussi dans le sacrement de l'Eucharistie (le mariage est un peu spécial), c'est donc le Christ lui-même qui effectue et confère le sacrement, l'homme qui le confère - ici le prêtre, l'évêque - n'en est que l'instrument, et son pouvoir est extrêmement limité. Il peut refuser de poser l'action nécessaire, bien sûr, en manipulant forme ou matière (montrant par là ne plus avoir l'intention de faire ce que fait l'Église), mais s'il la pose dans un rite établi et de manière non dérisoire, se conformant extérieurement à l'acte à poser, le sacrement se fait. Rien de moins et rien de plus.
Bref, il n'y a pas lieu de douter de la validité des célébrations eucharistiques des schismatiques orientaux par le simple fait de leur hérésie.
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