conférences de l'abbé Gleize fsspx sur le sujet par JVJ 2022-10-10 20:21:49 |
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Je suis surpris par le zèle portugais...
Je ne connais rien à la théologie et à l'ecclésiologie conciliaire actuelle concernant le pape.
Mais, en historiciste, je sais qu'on a inventé l'axiome (on ne peut juger le pape) à un moment donné (comme j'en ai parlé récemment).
Et que les canonistes d'avant Boniface VIII ont réduit l'axiome, pour certains, en le conditionnant à la possibilité d'hérésie. Il n'y a jamais d'unanimité entre les traités !
Demeure le problème, pour ceux qui ajoute une clause d'exception de savoir qui peut juger : un concile (de qui, convoqué par qui ?), les cardinaux ? Au XVe s. plusieurs conciles se sont déclarés supérieurs à juger et à déposer des papes : Pise et Constance (je passe les problèmes de légitimité de ces conciles, qui ne sont pas minces...). L'Eglise depuis 1947 seulement considèrent Alexandre V et Jean XXIII comme des antipapes (plus du tous les historiens sérieux du Grand Schisme).
Quand on me dit que votre catéchisme dit que les évêque sont les successeurs des apôtres, cela me laisse pantois. Ce ne fut pas toujours le cas dans l'histoire que l'Eglise. J'ai souvent parler des prétentions du Sacré Collège à succéder véritablement aux apôtres. C'est pourquoi les maniaques de listes de sacres épiscopaux sont sans intérêt pour un médiéviste.
Le droit canon est une discipline médiévale qui n'admet pas le plus souvent de réponse univoque, ce n'est pas un catalogue d'articles incontestés.
Bref, dans l'histoire de l'Eglise, on a réfléchi au problème de juger le pape et on a déposé des papes... (cela ne signifie d'aucune façon que je souhaite qu'on juge l'actuel... disons que j'espère que le successeur ne sera pas le même en pire, mais je crois aussi à la politique du cliquet comme dans l'UE et au manque de courage des cardinaux créés par François).
Evidemment si votre Vatican I ou si votre code de droit canon ante-conciliaire dit qu'on ne doit jamais juger le pape, je m'incline... Je ne me lève pour consulter le droit canon actuel ou le catéchisme de l'Eglise promulgué sous Jean-Paul II.
Si le pape supprime d'un trait de plume la messe de St-Pie V ou oblige la fssp à concélébrer, on verra si le prêtre du cher Portugal ne varie pas d'un ton...
Le P. de Blignières donnait récemment des leçons de fidélité au pape : heureusement qu'Yves Chiron m'a appris ses périodes sédévacantistes et ses écrits qui jugeaient des papes... Scripta manent.
Je serai à Rome à la fin du mois et je ne sais pas si je chercherai à tout prix à assister à une audience ou à une bénédiction. Je pensais n'avoir jamais à le dire...
Disons que je sens ce que bien des catholiques sentaient contre Jean-Paul II et Benoît XVI.
Je connais un diacre, fort affable et avec de grandes responsabilités, qui a pu dire publiquement que Benoît XVI était un bon théologien mais un mauvais pape.
Il serait plaisant que la liberté de ton soit aussi possible pour son successeur.
Je déteste la caporalisation des esprits, les index et les anathèmes qui parfois nous reviennent en boomerang.
Le Prima sedes non iudicabitur a quoquam est une pure invention, comme beaucoup de choses (il serait bon que les plus anti-chronologie le comprennent un jour...). C'est bien expliqué dans plusieurs articles... Puis on brode autour de cette invention, on glose, on nuance, on affine. C'est l'histoire du droit canon.
Tout cela ne remonte d'aucune façon aux temps apostoliques.
Jusqu'au XIe s., l'évêque de Rome, sauf pour répondre à des questions ponctuelles de rares évêques et abbés, n'était pas grand'chose et on n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait raconter ou publier. On a même parlé pour l'Espagne de chrétienté sans pape !
Je ne suis d'aucune façon sédévacantiste (qui est la version anarchiste d'un certain ras le bol), mais la France le fut pour ainsi dire après vote du clergé en 1398 jusqu'en 1403, puis deux ans avant 1409 (le pape demeurait Benoît XIII dans les esprits, mais son nom n'était plus cité à la messe et dans les actes... sauf pour lui demander des dispenses pour des mariages princiers !!!). Pour ne parler que de cela. Et des rois furent excommuniés par les papes, Louis XII voulut réunir un concile pour déposer le pape, comme Philippe IV. Bref...
De nos jours, je sens une indifférence ou une grande gêne quand on parle du pape en milieu posé. C'est triste, mais il est de même quand un membre autrefois respecté de la famille déraille ou vieilli mal. Le pape n'est même plus cité dans les repas amicaux en présence de clercs et même d'évêques... François tape sur les tradis, mais laisse faire les ballons d'essais un peu partout. On a vu déposer Gaillot, mais cela ne signifie pas que le conservatisme avait gagné les évêchés, le Centre Sèvres et l'ICP.
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