[réponse] par Vox clamantis 2020-11-07 18:39:45 |
|
Imprimer |
Pour le sujet des reliques : j'ai déjà dit que ce que je pensais sur les reliques de première classe en mains privées, il est inutile de me chercher des poux dans la tête là-dessus. Les reliques de deuxième ou troisième classe comme les fragments de vêtements sont d'une autre nature.
Je ne vous ferai pas l'offense de vous rappeler que dès les derniers siècles du Moyen Âge, on courait après les reliques de troisième classe, par exemple étoffes ou objets qui avaient touché le tombeau ou le reliquaire, et que ces objets pouvaient parfaitement se trouver en possession de laïcs, à l'issue d'un pèlerinage par exemple.
Sauf erreur de ma part, le code de droit canon interdit la possession par les laïcs des reliques majeures, mais non point de reliques de deuxième ou troisième classe ; cette position remonte au moins au Moyen Âge, car elle s'appuie sur une tradition qui remonte à Thomas d'Aquin lui-même, qui considérait comme tout à fait bonne la pratique de montrer sa confiance dans un saint en en portant une relique au cou !
Je ne serais pas surprise que Meneau ait reçu sa relique en ligne tout à fait "honnête", remontant directement au Carmel de Lisieux, et qu'elle n'ait jamais appartenu qu'à des laïcs depuis sa sortie de ce Carmel. Je connais quelqu'un qui a reçu d'un cardinal un fragment du sari de Mère Térésa. Ce sont des choses qui existent.
Ce qui est absolument interdit en revanche, c'est évidemment le commerce de tout type de reliques, mais je n'ai pas l'impression que Meneau ait le projet de vendre son morceau de bure...
D'autre part lorsqu'on est en possession de ce type de reliques il est nécessaire de prévoir le devenir de la relique après soi, car il convient de se rappeler qu'on en est en quelque sorte le dépositaire.
Pour le sujet des études (nous avons dérivé, mea culpa), je pose la question simplement : verriez-vous d'un bon oeil que votre fille ou votre fils se marie à 18 ou 20 ans ? Je ne parle évidemment pas d'avoir "connu la vie", ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je parle d'avoir atteint une maturité affective suffisante. Je ne crois pas cela possible avant 21 ou 22 ans chez les jeunes filles, plus chez les jeunes gens (il y a des exceptions). Il ne s'agit pas tant d'avoir un métier que d'avoir mûri, et pris le temps de la réflexion.
Le fait que certains ne mûrissent jamais ne devrait pas conduire à attendre que la personne ait mûri, et, je le répète, je crois qu'aujourd'hui les gens mûrissent plus tard qu'aujourd'hui. Je me souviens d'un prêtre qui disait "Thérèse de Lisieux a compris qu'elle cessait d'être une enfant à 13 ans. Aujourd'hui on trouve des jeunes gens de 22 ou 23 ans qui ne l'ont pas compris".
Quant aux petits et grands séminaires d'autrefois, ils existaient dans une civilisation chrétienne qui n'est plus, qui s'est effondrée dans les années 1970. Je crois que c'est un modèle qu'il faut considéré comme ayant produit son fruit, mais obsolète. Parmi vos amis prêtres de 90 ans, qui sont je n'en doute pas de saints prêtres, combien ont vu un quart, un tiers, la moitié de leur classe de séminaire quitter la prêtrise dans les années 1970 ?
Les petits séminaires portaient un outre un paradoxe important qui a eu un rôle, je crois, dans leur disparition. Ils servaient pour bien des familles de lieu d'élévation sociale par l'instruction et la respectabilité du prêtre, et la "vocation" de ceux qui y entraient n'avait pas forcément à voir avec ce que l'on entend aujourd'hui par là. Cela n'a pas empêché que des prêtres très bien en soient sortis, parfois même des saints(pas tous, pensez à Combes !). Mais on y portait un discours très élevé et exigeant sur le sacerdoce et la vocation sacerdotale qui portait en germe l'évolution actuelle, où on regarde avec suspicion quelqu'un qui viendrait au séminaire pour faire des études et avoir un statut social, discours dont je ne crois pas qu'il était compatible longtemps avec la réalité sociale du petit séminaire.
Je dis tout cela, mais ce sont des hypothèses. Il faudrait en parler à un contemporanéiste...
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|