Vous avez entièrement raison par Signo 2018-06-28 19:41:33 |
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...et je suis heureux de constater que de plus en plus de fidèles "tradis" commencent à ouvrir les yeux sur le problème posé par la forme extraordinaire telle qu'elle est mise en oeuvre dans la plupart des instituts dits "traditionalistes".
Encore récemment, j'ai assisté à une messe dans une chapelle de la FSSPX. Mon impression: il y a le strict minimum de ce que l'on peut attendre d'une messe mais on est très loin d'une approche véritablement traditionnelle du rite. Il y a effectivement cette impression de formalisme (le prêtre anone les prières latines mécaniquement "parce qu'il faut le dire", au lieu de véritablement prier). J'appelle formalisme la dérive qui survient lorsque le respect des normes et rubriques -nécessaire en lui-même- prend une importance telle qu'il passe avant l'esprit de prière et de contemplation qui est pourtant "l'âme" de la liturgie.
En fait -et je suis conscient que ce que je vais affirmer va choquer beaucoup sur ce forum- je suis intimement convaincu que 75% des prêtres traditionalistes ne comprennent rien à la liturgie, qu'ils réduisent à la théologie sacrificielle eucharistique qui certes en fait partie... mais la liturgie est une réalité bien plus large que cela.
Par exemple, la messe basse à laquelle j'ai assisté dans cette chapelle FSSPX: l'épître et l'Evangile sont récités à l'autel en latin et à la va-vite, de sorte que la liturgie du Verbe, qui est pourtant fondamentale dans toute liturgie vraiment traditionnelle (comme l'on prouvé les meilleurs spécialistes de la question, tels que Jean Hani) se "noie" dans le reste des prières latines récitées à l'autel (oraisons, etc) desquelles elle ne se distingue presque plus. Lorsque le prêtre se retourne vers les fidèles pour lire la traduction, cela donne l'impression d'une concession faîte de mauvaise grâce aux fidèles. Si le prêtre comprenait l'esprit de la liturgie, il chanterait recto-tono, en prenant son temps, et en utilisant directement la langue vulgaire, les épîtres et l'Evangile. On a un bon exemple de ce à quoi doit ressembler la lecture d'une épître au cours d'un office liturgique qui respecte l'esprit traditionnel au cours de cet office des Laudes à Evron (aller voir directement à la minute 18:40).
Les traditionalistes ne comprennent pas que ce formalisme, cette rigidité que l'on voit dans tant de chapelles tradies et qu'ils défendent bec et ongles n'est en fait qu'une dérive très moderne de la liturgie, que l'on a cherché à pétrifier en croyant ainsi la protéger des idées modernes au lieu de la revivifier de l'intérieur. Chez les orientaux effectivement, on a un rituel à la fois très traditionnel et extrêmement complexe mais qui est mis en oeuvre par les ministres et les fidèles de manière parfaitement naturelle. En Occident, on a soit la déliquescence générale dans les paroisses NOM, soit des célébrations rigides, mécaniques donnant l'impression de quelque chose de "forcé" dans les paroisses VOM, alors que la liturgie devrait être quelque chose d'aussi naturel -et d'aussi vital- que la respiration... On ne se force pas pour respirer, sinon, c'est que l'on est en mauvaise santé. Or la prière, et donc la liturgie, est la respiration de l'âme.
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