qu'il était préférable que les fidèles ne comprennent pas ? Où c'était une conséquence regrettable, mais incontournable ?
Formulé de la façon, cela ressemble à un procès d'intention, comme si l'Église l'avait fait exprès.
On n'a jamais interdit d'apprendre le latin; on l'a souvent conseillé.
La non-connaissance du latin n'est donc jamais incontournable, et ce n'est regrettable que dans la mesure où un fidèle voulant y arriver n'y arrive pas pour une raison ou une autre.
Mais cela n'est jamais un empêchement, pour qui connaît son catéchisme, de suivre et de comprendre ce qui se passe à l'autel, même sans en connaître la langue véhiculaire.
si la langue latine était encore vivante, ceux dont c'est la langue auraient-ils un "avantage" par rapport aux autres ?
Peut-être. Mais l'Église a toujours accueilli sans discrimination des fidèles de tous abords, et pas toujours des intellectuels et des lettrés. Parmi ceux dont le latin fut la langue maternelle il y en avait aussi qui n'étaient sans doute pas bien à même de comprendre le langage parfois très soutenu de la liturgie. La prédication de l'Évangile est une chose, elle doit être à la portée de tous, la langue cultuelle en est une autre.
Sans parler du langage d'esprit absolument sémitique, par exemple des Psaumes, très présents dans la liturgie, et absolument inaccessibles sans catéchèse soutenue, dans leur version latine ou LXX, même pour un natif romain ou grec-byzantin qui ne serait pas juif.
Vous demanderez en vain à Cicéron que sont les
colles aeterni, deux mots latins très simples à la portée d'un videur de la Suburre, repris de la Genèse et qui nous ont donné l'invocation
desiderium collium aeternorum des litanies du Sacré Coeur.