L'église, palais du pauvre par PEB 2016-03-30 23:57:40 |
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L'église doit être riche et parée comme une fiancée. Le fiancé, c'est le pauvre. C'est l'âme qui cherche la beauté inépousée. Il faut donc aux solennités du faste et du décorum pour vivre les Noces de l'Agneau. C'est l'ombre des liturgies célestes. Mais justement, les ornementations sont là pour que le pauvre sente qu'elles sont là pour lui, pour honorer sa présence au banquet céleste dont il est l'un des convives.
Le rituel de cour, au contraire, positionne le prince de l’Église comme un aristocrate - à la lanterne! d'après un air (trop) connu, alors qu'il n'est qu'un humble ouvrier dans les vignes du Seigneur. Les kilomètres de soieries et de dentelles sont, en effet, bien loin de la simplicité belle et austère des saints de vitrail ou d'iconostase.
Le célébrant, au contraire, doit tout entier s'effacer devant le célébré. Comme Jean, il faut qu'il diminue pour que Notre Seigneur grandisse. Le prêtre ou l'évêque se réduisent à l'état d'ostensoir vivant de la gloire de Dieu, se rendant totalement transparent au mystère. Si le pauvre le perçoit, alors la liturgie a accomplit son œuvre.
Après, si des communautés aiment prier dans une reconstitution historique à faire pâlir Sissi Impératrice... Chacun fait comme il le sent. Et il faut des laboratoires et des conservatoires. Mais ces photos magnifiques ne sont pas à diffuser à n'importe qui qui pourrait s'étonner du décor.
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