J'ai du louper quelque chose, ou mal comprendre votre question, mais j'y réponds quand-même ; pardonnez-moi si je tombe à côté de la plaque !
si l’Église d'avant Vatican II a toujours condamné la liberté religieuse, comment se fait-il qu'elle tolérait les juifs à pratiquer leur culte ?
Justement parce que la
tolérance - invention chrétienne - est le fait de "supporter" (dans les faits, et pour un certain temps) un culte erroné (pour la raison, bien souvent, que l'interdiction en droit causerait des désordres tels que le bien commun serait plus atteint qu'en la présente situation), tandis que la liberté religieuse est un
principe toujours et perpétuellement condamnable en tant qu'il donne à l'erreur les mêmes droits officiels qu'à la Vérité.
Il n'y a donc rien de contradictoire...
C'est bien qu'elle reconnaissait à la personne humaine une certaine liberté de conscience.
L'Eglise a toujours reconnu cette liberté de conscience, qui est la liberté pour chaque homme de penser et de croire (en son for intérieur) ce qu'il veut, sans aucunement pouvoir être contraint de force à croire autre chose, fusse la Vérité.
L’Église antique n'a jamais prétendu convertir de force les païens. Elle cohabitait pacifiquement avec eux, tout en les invitant instamment à la conversion. Cependant quand elle est devenue majoritaire elle a condamné, et même persécuté, les cultes païens comme impies et immoraux.
Bien-sûr qu'Elle ne convertit jamais de force ! On peut très bien avoir une attitude courtoise et accueillante envers les païens, et condamner, comme vous le dites vous-même, leur culte comme impie et immoral.
Je ne suis pas sûr que le critère de la plus ou moins grande influence chrétienne/païenne de la société soit réellement à prendre en compte. L'Ancien-Régime était majoritairement catholique, et l'Edit de Nantes a apporté un peu de paix dans la société, de même que sa révocation est irréprochable et légitime.
Le critère à prendre en compte est plus, à mon sens, l'estimation des conséquences et des risques associés :
si l'affirmation de la primauté de la religion catholique doit avoir des conséquences telles que des troubles sociaux de grande ampleur, voire une guerre civile, c'est donc à la tolérance de prendre le relais, en supportant, dans les faits et temporairement, que l'erreur puisse êtres présente ouvertement dans la société ; çà ne justifie en aucun cas de reconnaître en droit une quelconque liberté religieuse que ce soit.