Liberté négative? par PEB 2015-05-21 17:05:08 |
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La liberté religieuse se conçoit comme le droit de résistance à l'oppression. La personne humaine dispose de droits individuels et collectifs garantissant son intégrité et la paix civile. A ce titre, la liberté religieuse se conçoit comme un droit négatif: "Nul ne peut être inquiété..."
Mais qu'est-ce à dire? Oui, un Etat chrétien a le droit et le devoir de protéger l'Eglise des violations contre la seule et véritable Religion. Une telle protection administrative et judiciaire s'étend tant aux fidèles, clercs ou laïcs, aux biens, aux droits et à l'expression tant publique (missionnaire notamment) que privée (familiale et éducative donc) de la Foi.
Cependant, la personne en elle-même ne saurait être contrainte, au for externe et interne, à adhérer à la Foi authentique. Car c'est sur et par les cœurs que Notre Seigneur veut étendre Son Règne, au delà de la forme des gouvernements (dont Pilate est la quintessence).
Le sujet doit donc pouvoir vivre paisiblement dès lors qu'il ne trouble pas l'ordre public. Ajoutons que l'ordre public chrétien ne fait pas acception des personnes mais sanctionne des faits et comportements objectifs.
Donc, tant que les libertés de l'Eglise ne sont pas compromises, tant que tous peuvent adhérer en pleine tranquillité à la Seule et Véritable Eglise, tant que l'ordre civil et social n'est pas contradictoire avec la morale évangélique, tant que les infidèles ne dérangent pas le culte chrétien, public et privé, chacun peut vaquer paisiblement et les vaches seront bien gardées.
(Cela fait effectivement beaucoup de conditions et de réserves!)
Il est, en effet, hors de question dans une société animée de Charité chrétienne, de justifier pogroms et autres exactions contre ceux qui ne vont pas à Jésus-Christ!
Ainsi, cette question est à plusieurs tiroirs: philosophique, politique et juridique. Avec toute la complexité que cela représente, s'entrecroisent la mission apostolique, l'ordre public et la protection des personnes.
La liberté de conscience au sens de l'époque du bienheureux Pie IX, avait un sens sans doute beaucoup plus étendu que le concept évoqué par Vatican II sous l'ombre terrible du Goulag et de Dachau. Non content de disposer d'un temporel essentiellement laïc (tout à fait traditionnel), les libertins souhaitaient bâtir une société athée auto-référente. Cet attentat aux "droits de Dieu" fit perdre aux pauvres leurs droits effectifs que l’Évangile ne cesse pourtant de rappeler.
Vatican II se borne à dire que chacun dans sa personne, dans sa famille et dans son éducation, doit pouvoir vivre paisiblement. Mais, en revanche, ce que condamne le Syllabus est d'une autre nature. Il s'attaque non aux braves juifs de Carpentras mais aux ennemis véritables de la Foi: ceux qui réduisent l'homme à l'horizontalité matérialiste et qui tuent jusqu'à l'âme, chambre la plus secrète de l'homme (Mt 6, 6). Vatican II, à la suite des grands papes, affirme, au contraire un droit personnel à la verticalité de la personne humaine.
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