La différence... par Vianney 2012-06-25 20:59:05 |
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...c’est d’abord que le nouveau principe, au contraire du précédent, ne souffre aucune exception. Très concrètement :
– impossible de voter l’arrêt des constructions de minarets, comme en Suisse, sans être blâmé par Rome,
– pareil quand des députés polonais assez nombreux ont souhaité introniser Jésus-Christ comme “roi de Pologne”, faisant notamment valoir que la Vierge Marie avait déjà été proclamée “reine de Pologne” il y a 350 ans.
Seriez-vous encore plus myope que le P. Congar ? Lui, tout progressiste qu’il était, reconnaissait que DH avait en pratique puissamment contribué à l’indifférence religieuse, donnant ainsi raison à Léon XIII qui affirmait que “respecter toutes les religions c’est formellement l’athéisme”.
Le fond du débat, en réalité, c’est que le droit issu de 1789 (pas seulement celui de 1793, n’en déplaise à Benoît XVI !) ne tolère aucune limite à son pouvoir : “la loi est l’expression de la (prétendue) volonté générale”. “Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément” (art. 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme) : par conséquent, ni le droit naturel, ni encore moins, il va sans dire, les droits de Dieu, ne peuvent s’y opposer.
“Nul corps, nul individu” : même l’autorité des parents n’y échappe pas (Balbula peut en témoigner). Mais gare à l’Église quand elle ose émettre une semblable prétention : sous Pie IX, l’affaire Mortara est venue rappeler qu’un pape ne dispose d’aucun recours aux yeux du monde quand une famille veut faire de son enfant un apostat.
Jacques Chirac a parfaitement résumé la situation, le jour où il a répondu aux adversaires de l’avortement (JDD, 2 avril 1995) : “Oui à l’objection de conscience. Non à une loi morale qui primerait sur la loi civile, et justifierait que l’on se place hors de la loi. Cela ne peut se concevoir dans une démocratie laïque”. En d’autres termes, la démocratie laïque est totalitaire dans son principe.
Je ne dis pas que DH lui donne officiellement raison, mais concrètement, sous couvert de “liberté”, c’est paradoxalement à cette logique de tyrannie de la loi civile que l’on aboutit toujours lorsqu’on prétend rendre l’État indépendant de la loi de Dieu. Ce que Pie IX annonçait déjà dans Quanta Cura...
Vous voudriez vraiment renier le pape et la communion avec l'Église pour une question aussi ... futile, sans conséquence majeure pour la mission de l'Église ?
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