il y a 2 ou 3 fils complets sur cette question par Luc Perrin 2012-06-24 19:12:28 |
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quelques pages plus bas. Vous deviez être en vacances ....
Rappelons simplement quatre choses avant que les censeurs irréductibles de la "liberté religieuse" ne nous ressortent les habituels extraits d'encycliques qui contredisent la Déclaration de Vatican II (c'est indubitable quoiqu'en dise dom Basile osb).
1) Dignitatis humanae (D.H. 1965) ne proclame pas la liberté de conscience individuelle donc le "droit à l'erreur" : ainsi l'idée que D.H. justifie une "Église pluraliste" est absurde.
2) D.H. se limite à la liberté publique de conscience de chaque être humain par rapport à l'État. Personne ne peut être contraint par la force et les lois à une religion à laquelle il n'adhère pas.
Ou privé du droit de pratiquer son culte : que ce soit en Chine communiste ou en Arabie Séoudite ou en Turquie pseudo-laïque etc.
Cela condamne par ex. les législations en pays musulmans qui empêchent d'abjurer la foi musulmane pour embrasser la foi chrétienne.
[ce type de loi est très exactement ce que soutiennent les opposants à D.H. mais au bénéfice du seul catholicisme, certains se limitant à exiger que le Saint-Siège réclame ce type de loi dans les livres de droit canonique tout en disant qu'au nom de la "tolérance" et de l'état de nécessité, on peut s'en passer et on ne doit pas les appliquer du tout ... la logique échappera à beaucoup je pense ]
3) Nous sommes sur un plan purement théorique sans aucune incidence pratique - sur terre j'entends, dans nos sociétés réelles - et le Saint-Siège avant 1965 a toujours fait, en pratique, sans État confessionnel catholique exclusif avec répression des autres cultes et des athées ... puisque cet état n'existait nulle part entre 1789 et 1965. Qu'il n'existe toujours pas et que la possibilité en devient plus invraisemblable encore au XXIe à vue humaine.
En gros certains de nos amis du F.C. sont prêts à rompre avec Rome pour une querelle qui s'apparente au débat sur le sexe des anges.
4) D.H. n'empêche aucunement l'existence d'un État catholique confessionnel exclusif - celui réclamé par Pie IX dans le Syllabus - si tous ses habitants sont catholiques. De même D.H. et le Magistère post-conciliaire qu'il faut toujours prendre en compte dans ce débat puisqu'il explicite la juste lecture de D.H. ne préconisent pas une stricte séparation Église/État et moins encore une indifférence à la législation (morale, famille, droit social, éducation etc.). Au contraire, le Magistère réclame un statut propre pour les Églises leur permettant d'évangéliser et maintient ses revendications spécifiques par ex. pour l'éducation des enfants.
Comme je l'avais écrit dans un post en réponse à un de Theonas, D.H. n'est pas du "catholicisme libéral" stricto sensu même si elle s'en approche ; elle déplace la position de l'Église du "catholicisme intransigeant" du XIX-XXe à un "catholicisme néo-intransigeant" qui attache moins d'importance à l'État par rapport à la mission d'évangélisation qui incombe avant tout à l'Église.
Bien des adversaires de la "liberté religieuse" de D.H. y voient ce qu'elle n'est pas, une adhésion indirecte au syncrétisme ou à l'indifférentisme en matière religieuse (toutes les religions se valent). D'où la vigueur du malentendu.
En bref fonder un schisme sur ce seul point relève de l'aberration à mon très humble avis. Mgr Lefebvre avait d'autres griefs que celui-ci, plus sérieux eux.
ps. avec mes plates excuses pour les habitués de ces très nombreux fils sur la liberté religieuse et le caractère répétitif des posts de ce fait, les miens inclus.
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