Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Palimpseste : le péché originel n'est pas absent du Concile.
par Scrutator Sapientiæ 2012-05-18 12:00:34
Imprimer Imprimer

Rebonjour jejomau,

A. Voici :

A A 7 "Au cours de l’histoire, l’usage des choses temporelles a été souillé par de graves aberrations. Atteints par la faute originelle, les hommes sont tombés souvent en de nombreuses erreurs sur le vrai Dieu, la nature humaine et les principes de la loi morale : alors les mœurs et les institutions humaines s’en sont trouvées corrompues, la personne humaine elle-même bien souvent méprisée. De nos jours encore, certains, se fiant plus que de raison aux progrès de la science et de la technique, sont enclins à une sorte d’idolâtrie des choses temporelles : ils en deviennent les esclaves plutôt que les maîtres.

C’est le travail de toute l’Église de rendre les hommes capables de bien construire l’ordre temporel et de l’orienter vers Dieu par le Christ. Il revient aux pasteurs d’énoncer clairement les principes concernant la fin de la création et l’usage du monde et d’apporter une aide morale et spirituelle pour que les réalités temporelles soient renouvelées dans le Christ."

I M 7 "Troisièmement, le récit, la description ou la représentation du mal moral peuvent assurément apporter, grâce aux moyens de communication sociale, une connaissance et une analyse plus profondes de l’homme, une manifestation et une exaltation du vrai et du bien en toute leur splendeur, si l’on ménage par ailleurs les effets dramatiques appropriés.

Cependant, pour que cela soit plutôt profitable que nuisible aux âmes, il faut se conformer rigoureusement à la morale, surtout quand il s’agit de thèmes qui exigent une certaine réserve ou qui éveillent plus facilement des désirs mauvais chez l’homme blessé par le péché originel."

L G 59 "Mais Dieu ayant voulu que le mystère du salut des hommes ne se manifestât ouvertement qu’à l’heure où il répandrait l’Esprit promis par le Christ, on voit les Apôtres, avant le jour de Pentecôte, « persévérant d’un même cœur dans la prière avec quelques femmes dont Marie, Mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1, 14) ; et l’on voit Marie appelant elle aussi de ses prières le don de l’Esprit qui, à l’Annonciation, l’avait déjà elle-même prise sous son ombre. Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute souillure de la faute originelle [182], ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel [183], et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19, 16), victorieux du péché et de la mort [184]."

G S 13 "1. Établi par Dieu dans un état de justice, l’homme, séduit par le Malin, dès le début de l’histoire, a abusé de sa liberté, en se dressant contre Dieu et en désirant parvenir à sa fin hors de Dieu. Ayant connu Dieu, « ils ne lui ont pas rendu gloire comme à un Dieu (...) mais leur cœur inintelligent s’est enténébré », et ils ont servi la créature de préférence au Créateur [10]. Ce que la Révélation divine nous découvre ainsi, notre propre expérience le confirme. Car l’homme, s’il regarde au-dedans de son cœur, se découvre enclin aussi au mal, submergé de multiples maux qui ne peuvent provenir de son Créateur, qui est bon. Refusant souvent de reconnaître Dieu comme son principe, l’homme a, par le fait même, brisé l’ordre qui l’orientait à sa fin dernière, et, en même temps, il a rompu toute harmonie, soit par rapport à lui-même, soit par rapport aux autres hommes et à toute la création.

2. C’est donc en lui-même que l’homme est divisé. Voici que toute la vie des hommes, individuelle et collective, se manifeste comme une lutte, combien dramatique, entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres. Bien plus, voici que l’homme se découvre incapable par lui-même de vaincre effectivement les assauts du mal ; et ainsi chacun se sent comme chargé de chaînes. Mais le Seigneur en personne est venu pour restaurer l’homme dans sa liberté et sa force, le rénovant intérieurement et jetant dehors le prince de ce monde (cf. Jn 12, 31), qui le retenait dans l’esclavage du péché [11]. Quant au péché, il amoindrit l’homme lui-même en l’empêchant d’atteindre sa plénitude.

Dans la lumière de cette Révélation, la sublimité de la vocation humaine, comme la profonde misère de l’homme, dont tous font l’expérience, trouvent leur signification ultime."

G S 18 "1. C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet. L’homme n’est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps, mais plus encore, par la peur d’une destruction définitive. Et c’est par une inspiration juste de son cœur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d’éternité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort. Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu’elles soient, sont impuissantes à calmer son anxiété : car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut satisfaire ce désir d’une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son cœur.

2. Mais si toute imagination ici défaille, l’Église, instruite par la Révélation divine, affirme que Dieu a créé l’homme en vue d’une fin bienheureuse, au-delà des misères du temps présent. De plus, la foi chrétienne enseigne que cette mort corporelle, à laquelle l’homme aurait été soustrait s’il n’avait pas péché [21], sera un jour vaincue, lorsque le salut, perdu par la faute de l’homme, lui sera rendu par son tout-puissant et miséricordieux Sauveur. Car Dieu a appelé et appelle l’homme à adhérer à lui de tout son être, dans la communion éternelle d’une vie divine inaltérable. Cette victoire, le Christ l’a acquise en ressuscitant [22], libérant l’homme de la mort par sa propre mort. À partir des titres sérieux qu’elle offre à l’examen de tout homme, la foi est ainsi en mesure de répondre à son interrogation angoissée sur son propre avenir. Elle nous offre en même temps la possibilité d’une communion dans le Christ avec nos frères bien-aimés qui sont déjà morts, en nous donnant l’espérance qu’ils ont trouvé près de Dieu la véritable vie."

G S 22 "1. En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. Adam, en effet, le premier homme, était la figure de celui qui devait venir [27], le Christ Seigneur. Nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation. Il n’est donc pas surprenant que les vérités ci-dessus trouvent en lui leur source et atteignent en lui leur point culminant.

2. « Image du Dieu invisible » (Col 1, 15) [28], il est l’Homme parfait qui a restauré dans la descendance d’Adam la ressemblance divine, altérée dès le premier péché. Parce qu’en lui la nature humaine a été assumée, non absorbée [29], par le fait même, cette nature a été élevée en nous aussi à une dignité sans égale. Car, par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. Il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme [30], il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché [31]."

G S 25 "1. Le caractère social de l’homme fait apparaître qu’il y a interdépendance entre l’essor de la personne et le développement de la société elle-même. En effet, la personne humaine qui, de par sa nature même, a absolument besoin d’une vie sociale [44], est et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions. La vie sociale n’est donc pas pour l’homme quelque chose de surajouté ; aussi c’est par l’échange avec autrui, par la réciprocité des services, par le dialogue avec ses frères que l’homme grandit selon toutes ses capacités et peut répondre à sa vocation.

2. Parmi les liens sociaux nécessaires à l’essor de l’homme, certains, comme la famille et la communauté politique, correspondent plus immédiatement à sa nature intime ; d’autres relèvent plutôt de sa libre volonté. De nos jours, sous l’influence de divers facteurs, les relations mutuelles et les interdépendances ne cessent de se multiplier : d’où des associations et des institutions variées, de droit public ou privé. Même si ce fait, qu’on nomme socialisation, n’est pas sans danger, il comporte cependant de nombreux avantages qui permettent d’affermir et d’accroître les qualités de la personne, et de garantir ses droits [45].

3. Mais si les personnes humaines reçoivent beaucoup de la vie sociale pour l’accomplissement de leur vocation, même religieuse, on ne peut cependant pas nier que les hommes, du fait des contextes sociaux dans lesquels ils vivent et baignent dès leur enfance, se trouvent souvent détournés du bien et portés au mal. Certes, les désordres, si souvent rencontrés dans l’ordre social, proviennent en partie des tensions existant au sein des structures économiques, politiques et sociales. Mais, plus radicalement, ils proviennent de l’orgueil et de l’égoïsme des hommes, qui pervertissent aussi le climat social. Là où l’ordre des choses a été vicié par les suites du péché, l’homme, déjà enclin au mal par naissance, éprouve de nouvelles incitations qui le poussent à pécher : sans efforts acharnés, sans l’aide de la grâce, il ne saurait les vaincre."

B.

I. Le progressisme rupturiste et schismatique, ou en tout cas schismatisant, a tendance à nier le dogme, ou en tout cas le mystère, du péché originel ("mystère" ne signifie pas que l'on ne peut rien en dire), non pas tant par confiance en l'avenir que par nostalgie du paradis terrestre, et par angoisse face à la présence de la matrice du mal moral personnel, conscient, volontaire, dans le coeur de chaque homme.

II. En ce sens, le progressisme est régressif, car il veut se tourner vers l'en-deçà de l'origine de l'apparition du mal en ce monde, avant d'être transgressif, vis-à-vis de la normativité et de l'objectivité de la Foi catholique, y compris sur cette question essentielle.

III. Et pourquoi met-il ainsi entre parenthèses le péché originel ? Parce que celui-ci, en tant qu'acte personnel, conscient, volontaire, et aux conséquences à la fois fondamentales et universelles, est en contradiction avec la "foi" en l'homme, fondamentalement et universellement bon, qui n'est mauvais que par accident ou par atteinte à sa dignité et à sa liberté, de par les conditionnements et déterminations dont il est plus victime que coupable, du point de vue du progressisme rupturiste schismatisant.

IV. On comprend mieux, à partir de là, l'indulgence durable et profonde des catholiques progressistes pour le communisme, voire aussi pour l'islamisme : dans cet ordre d'idées, ce qui s'auto-proclame bon, pour la construction de l'au-delà dès ici-bas, ne peut être mauvais qu'à cause d'abus ou d'excès inconscients, involontaires, conjoncturels, locaux, ponctuels, mais pas fondamentalement ou universellement, ni du fait d'actes conscients et volontaires, réfléchis et répétés, posés par des hommes ou par des femmes.

V. Sans oublier la forme la plus perverse et subtile de la négation des conséquences du péché originel : le mépris ou l'oubli de ses conséquences "anthropo-pneumatologiques" : les actions et options religieuses ou spirituelles erronées, telles qu'elles se manifestent, dans les religions erronées,

- comme s'il n'y avait plus avant tout des péchés "verticaux", des errements ou des manquements conscients, personnels, volontaires, contre le seul vrai Dieu,

mais

- comme s'il y avait seulement des péchés "horizontaux", dans les domaines moraux, sociaux, domestiques, politiques, écologiques ou économiques.

Je suis preneur de toute remarque ou suggestion sur cette interprétation.

Bonne journée.

Scrutator.

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Nostra aetate est-il adapté à notre temps ? par jejomau  (2012-05-18 08:11:54)
      Nostra aetate est-il adapté, notamment, à Lumen Gentium 16-17 ? par Scrutator Sapientiæ  (2012-05-18 10:06:51)
          Pour continuer cette réflexion.... par Praecantor  (2012-05-18 10:53:55)
              le dogme du péché originel "nié" ? par jejomau  (2012-05-18 11:09:48)
                  Perception par Praecantor  (2012-05-18 11:37:16)
                  Palimpseste : le péché originel n'est pas absent du Concile. par Scrutator Sapientiæ  (2012-05-18 12:00:34)
              Je pensais aussi, voire surtout, à LG 17. par Scrutator Sapientiæ  (2012-05-18 12:11:53)
              C'est bien la peine par Quaerere Deum  (2012-05-18 14:48:57)
                  VaticanII / CEC / choses fausses par Praecantor  (2012-05-18 14:59:46)
                      Ce que disent le Compendium ET Dominus Iesus. par Scrutator Sapientiæ  (2012-05-18 15:57:03)
                          Absoluement par Praecantor  (2012-05-18 16:26:31)
                  le Concile Vatican II a un défaut majeur par jejomau  (2012-05-18 15:09:08)
                  En contradiction formelle ou en dépassement dialectique. par Scrutator Sapientiæ  (2012-05-18 15:34:41)
                      un fil pertinent sur un sujet majeur par Luc Perrin  (2012-05-18 18:35:02)
                      Pardonnez-moi par Quaerere Deum  (2012-05-22 10:40:44)
                          j'ai une tentative de réponse à vous proposer par jejomau  (2012-05-22 11:50:07)
                              Excellent par Aigle  (2012-05-22 15:50:10)
                                  oui par jejomau  (2012-05-22 19:54:38)
                                      C’est pourtant déjà arrivé par Vianney  (2012-05-22 20:42:23)
                              Très bien par Quaerere Deum  (2012-05-22 21:00:33)
                          J'essaie de vous répondre le plus brièvement et complètement possible. par Scrutator Sapientiæ  (2012-05-22 22:05:47)
                              Merci par Aigle  (2012-05-22 22:21:03)
                                  Mais c'est moi qui vous remercie ! par Scrutator Sapientiæ  (2012-05-23 00:01:07)
                              Merci par Quaerere Deum  (2012-05-23 13:39:00)


86 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]