Mise en perspective par Aigle 2011-08-27 11:16:05 |
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Vos analyses sont toujours passionnantes du fait de votre effort de définition (signe d'une formation philosophique ou juridique "à l'ancienne" ?) et je vous en félicite.
Ce que vous proposez en termes de "mutations génétiques" - c'est-à-dire relativiser les caractères dominants (et peu performants) et revaloriser les caractères recessifs si j'ai bien suivi - me semble très intéressants.
Cette démarche ne relèverait elle pas d'un "renversement de perspectives" comparable à celui proposé par Jean XXIII en 1962 ?
A l'ouverture du concile, on a choisi de marginaliser l'approche dogmatique, philosophique et juridique (et donc orientée "ad intra") qui prédominait depuis Trente au moins pour privilégier une approche pastorale, théologique, sentimentale et ouverte vers le monde. Ce choix était peut-être justifié par la nécessité de procéder à un rééquilibrage au sein d'un Eglise perçue comme trop formaliste et trop sèche. Mais il a été interprété par certains (à tort selon moi) comme l'abandon des rigueurs méthodologiques de la philosophie et du droit au profit d'une créativité émotionnelle permanente (tendance à laquelle le Bienheureux Pape Jean-Paul II n'a peut-être pas toujours assez résisté). Il s'agirait selon vous si j'ai bien compris de rappeler maintenant que Vatican II n'a pas aboli l'édifice dogmatique antérieur à 1965, ni ses soubassements philosphiques ni ses expressions juridiques ou liturgiques. C'était d'éjà le sens de l'encyclique Mysterium Fidei (sur l'Eucharistie) de 1965 me semble-t-il
Bref le sujet aujourd'hui n'est pas d'abolir les textes de Vatican II mais les relire dans leur ensemble et en lien avec la Tradition bimillénaire pour les remettre à leur place. Je sollicite sans doute trop votre propos au vu de mes propres orientations. Pardonnez m'en mais j'ai l'impression que telle est bien la démarche engagée par Benoît XVI depuis 2005 - et merveilleusement appliquée à Madrid !
Sans vouloir attaquer la FSSPX je regrette que celle-ci ne soit pas sensible à ces analyses et à ces propos et gestes du Pape. Le quart d'heure d'adoration de Madrid n'a certes duré que 15 minutes - mais aurait il été tout simplement imaginable à Paris en 1980 lors de la première visite de Jean-Paul II (souvenez vous de la soirée du parc des princes) ?
En étant désolé d'avoir peut-être dérivé loin du sérieux des analyses de Scrutator, je soumets ces éléments à l'appréciation de tous.
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