Une formulation par pourcentage n'a "peut-être" pas beaucoup de sens... par Scrutator Sapientiæ 2011-08-26 06:32:38 |
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Bonjour John L,
Intrigué, comme il m'arrive de l'être, par tel ou tel propos rapporté de ce genre, j'ai déjà cherché, et je n'ai pas trouvé (mais j'ai peut-être mal cherché) la matérialité d'une telle formulation, par pourcentage, relative au degré d'acceptation ou d'approbation du Concile par Mgr FELLAY.
Au demeurant, une telle formulation par pourcentage n'a pas beaucoup de sens : dans certaines éditions des textes du Concile, le corpus représente à peu près 300 pages ; est-ce à dire, par exemple, que Mgr FELLAY, ou qui que ce soit, accepte ce corpus, à l'exception de 15 pages ?
Ce que Mgr FELLAY est vraisemblablement amené à ne pas accepter, dans le Concile, est plus particulièrement localisé dans quelques textes tels que DV, UR, NA, DH, mais est également disséminé, bien qu'à un moindre degré, ou d'une manière moins apparente ou explicite, dans d'autres textes, tels que LG et GS.
Et puis, entre nous, vous imaginez un peu un indice CAC 40 qui mesurerait les fluctuations quotidiennes de l'acceptation du Concile dans l'Eglise, en fonction de la perception, par le marché, de telle ou telle initiative doctrinale, liturgique ou pastorale, prise par tel ou tel évêque, avec des actions à la baisse ou à la hausse, du fait des achats ou des ventes de titres par les actionnaires que sont les fidèles ?
A l'origine, l'expression CAC 40 renvoyait à la Compagnie des Agents de Change, avant de renvoyer à la Cotation Assistée en Continu ; j'aimerais beaucoup, mais je suis si candide, qu'il n'y ait jamais de CAC 40 dans l'Eglise, car je crois que s'il y en avait un, s'il y avait une formulation par données chiffrées, une formulation même métaphorique, du degré d'adhésion de tel ou tel, notamment au Concile, cet indice ferait beaucoup moins référence à la Compagnie des Acteurs Catholiques qu'à la Cotation des Arguments Contestés.
J'ajoute ici le point suivant : il y deux textes du Concile dont on ne parle presque jamais : celui relatif à l'éducation chrétienne, et celui relatif aux moyens de communication sociale ; dans ces textes, les Pères du Concile, cela a été reconnu dès l'époque, ont manqué quelque peu leur affaire, et c'est vraiment un grand dommage, car le Concile est à la fois la conséquence d'une crise du "recevoir pour transmettre" la Foi catholique dans l'Eglise, et (surtout) l'origine d'une aggravation de cette crise.
Cette crise est avant tout d'ordre qualitatif, même si elle se manifeste aussi par des réalités, notamment démographiques et géographiques, appréhendables par données chiffrées.
Relever à nouveau et ensemble le défi du "recevoir pour transmettre" la Foi catholique au sein même de l'Eglise : c'est par là, si j'ose dire, qu'il faut envisager de (re)commencer, d'autant plus que, si la grâce suppose la nature, la Foi suppose la culture : la réactivation du "recevoir pour transmettre" la Foi catholique suppose, en parallèle, celle d'une culture religieuse catholique dans les paroisses et les diocèses, les séminaires et les diocèses, en matière, là aussi, doctrinale, liturgique et pastorale.
Telle est, me semble-t-il, la problématique contemporaine, et je ne crois pas, pour le dire autrement, que l'adhésion à cette problématique soit formulable ou traduisible au moyen d'un pourcentage, à travers, par exemple, une quantification de la compatibilité du Concile au Magistère antérieur.
Je vous souhaite un bon début de journée.
Scrutator.
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